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jeudi, 05 avril 2007

Jean-Marie Le Pen : "Qui se souvient de la mobilisation de l'entre-deux-tours de 2002 ?"

Jean Marie Le Pen est de retour en force dans la campagne.
Bénéficiant de la baisse des intentionde vote de François Bayrou, auto-proclamé candidat anti-système il y a quelques mois, le leader Frontiste, semble de nouveau et réellement incarner le vote anti-système.

Avec son habilité usuelle et son discours pervers, Jean Marie le Pen revient sur la certitude de sa présence au second tour 7 mai prochain, parle de son éventuelle rapprochement avec Nicolas Sarkozy et de son "projet républicains".

Qu'est-ce qui vous fait dire que vous serez au second tour?
Là où les sondages me donnaient 10% d'intentions de vote, je fais maintenant 13% ou 14%. Donc, j'extrapole tout naturellement.

Vous croyez donc aux sondages !

Non, je crois à la méthode. Les sondeurs sont des incompétents et des escrocs qui vendent une camelote qui n'existe pas et qui font acte d'hostilité à mon égard. L'envolée de Bayrou, c'est du bidon. On n'a jamais vu un candidat passer de 6% à 25% en deux mois. Dix millions d'électeurs qui, d'un seul coup, auraient vu saint Bayrou et auraient été transfigurés, ce n'est pas sérieux. Il va se dégonfler comme une baudruche. Comme M. Chevènement en 2002. On l'a maintenu à bout de bras pour empêcher que Le Pen soit le troisième homme.

Qu'est-ce qui joue en votre faveur ?
La prise de conscience directe par les citoyens de l'évolution de la situation du pays. Il y a un phénomène tsunamique de rejet du système qui fait qu'à gauche comme à droite des gens se disent, cette fois-ci ras-le-bol, je voterais Le Pen. Mes adversaires qui sentent cette évolution essaient de courir derrière moi et me renforcent.

Par rapport à 2002, il y a une différence d'offre. Mme Royal, candidate pour la première fois… Voilà quelqu'un qui a été imposé par les sondages. C'est parce que les sondages ont affirmé que MmeRoyal battrait Nicolas Sarkozy au deuxième tour que les socialistes se sont ralliés à sa candidature, mais, à mon avis, elle va faire un bide. Elle n'est pas du tout à la hauteur du rôle, pas du tout !

Certains dans votre électorat naturel se souviennent de la mobilisation de l'entre-deux tours en 2002. Ils s'apprêtent à voter utile au premier tour car ils se disent que Le Pen n'accédera jamais au pouvoir.
Je rappelle que le général de Gaulle début 1958 faisait 3% des voix et six mois après il était au pouvoir pour onze ans. Qui se souvient de la mobilisation de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle de 2002 ?

Il y a pourtant eu mobilisation.
Cela a été bidon. Entièrement artificiel. Monté, comme 1968, par le jeu des médias. Une mousse médiatique. Il y a eu 50000 morveux contents de sortir dans la rue encadrés par leurs profs pour crier "Le Pen à mort", "A mort Le Pen"… Cela s'est traduit dans les urnes par le score de Jacques Chirac.

Un score glorieux il faut le reconnaître. Un homme, décrit par tout le monde comme le plus grand menteur et le plus grand voleur de France, a fait 82% des voix! De quoi avoir quelque doute sur les vertus de la démocratie.

Vous ne craignez pas que cela se renouvelle?
Non.

Quels sont les changements apportés à votre programme ?
Je suis candidat au poste de chef de l'Etat pas de premier ministre. Je note une dérive de l'exercice politique dans cette campagne électorale, chacun se conduisant comme si on s'était rallié à la conception américaine de la présidence – ce qu'on comprend chez Sarkozy – à savoir que le président gouverne. Je suis désolé mais, dans nos institutions, ce n'est pas le président qui gouverne. Il faut que les Français sachent qu'ils ne choisissent pas un programme politique à l'élection présidentielle. Ils choisissent une personnalité qui sera l'incarnation provisoire de l'Etat et à ce moment-là un peu l'héritier des rois de France. Quelqu'un dont on aura les preuves de son patriotisme. M. de Villiers dit : "Je suis patriote." Mais il l'a montré où ? Sur les terrains de tennis de Vendée ?

Si vous arrivez au pouvoir, que ferez-vous ?
Je ne le vous dirais pas. Cela fait partie de la stratégie. Si vous voulez le savoir, lisez le livre de Jean-Claude Martinez, écrit il y a vingt ans, Les cent jours de Le Pen à l'Elysée.

Dans vos discours de Metz et de Valmy vous avez parlé de République. Qu'est ce que la République pour vous ?
Si c'est celle de la caisse du Crédit lyonnais, du sang contaminé, la "Ripoublique", ce n'est pas la mienne. Je ne conçois pas qu'il puisse y avoir une République contre la nation. La nation reste le cadre le plus performant pour la défense de la sécurité, de la liberté de la solidarité. Comment peut-on faire une solidarité nationale s'il n'y a pas de cadre national ? La solidarité implique la notion d'ensemble, la notion de cercle, la notion de club.

Est-ce que vous ferez alliance avec la droite actuelle ?
Non, je ne ferai pas d'alliance. Je fais une critique fondamentale de la manière dont la France a été gouvernée depuis trente ans. Ce n'est pas pour rechercher une alliance avec des gens dont je considère qu'ils sont directement responsables de la situation. Il faudrait qu'ils évoluent s'ils veulent redéfinir un rapport républicain avec moi et le Front national. Ce n'est pas moi qui m'alignerai sur eux.

Vos rapports étaient bloqués avec Jacques Chirac, une ère nouvelle peut s'ouvrir avec Nicolas Sarkozy ?
Pourquoi pas ? Oui.

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