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jeudi, 03 mai 2007
Revue de Presse du 3 mai
A 22 h 55, l'incident sur les handicapés
Débattant du handicap, la candidate PS accuse son adversaire « d'immoralité politique ». Qui répond en s'étonnant qu'elle « perde ses nerfs ».22h55. APRÈS près de deux heures d'un débat policé et technique, ponctué de quelques escarmouches sur les 35 heures ou le nucléaire, le duel prend soudain une tournure violente sur un sujet inattendu et sensible, le handicap. Royal, qui cherchait une faille, porte la première attaque. Elle accuse Sarkozy d'atteindre sur ce sujet « le summum de l'immoralité politique » par la façon dont il vient d'évoquer, « la larme à l'oeil », l'accueil des enfants handicapés dans les écoles.
« Jouer avec le handicap est proprement scandaleux », lance-elle, ulcérée, en reprochant à la droite d'avoir « cassé » la politique qu'elle avait initiée lorsqu'elle était ministre de Lionel Jospin. « Calmez-vous, ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé », réplique Nicolas Sarkozy, dans une ambiance de grande tension. « Non, je ne me calmerai pas. Quand il y a des injustices, il y a des colères particulièrement saines », fait-elle valoir.
« Vous sortez de vos gonds avec beaucoup de facilité »La passe d'armes se poursuit : « Je ne sais pas pourquoi Mme Royal, d'habitude calme, a perdu ses nerfs ». Le candidat UMP reprend l'avantage : « Je ne pense pas que vous élevez la dignité du débat politique, dit-il. Je ne mets pas en cause votre sincérité, ne mettez pas en cause ma moralité. » Il insiste : « Vous sortez de vos gonds avec beaucoup de facilité. Le président de la République, c'est quelqu'un qui a des responsabilités très lourdes ». Ségolène Royal se défend : « Je ne m'énerve pas, je me révolte car j'ai gardé ma capacité de révolte intacte ».
Nicolas Sarkozy aurait pu lui répondre qu'une loi existe sur l'obligation de scolarité des enfants handicapés. Elle a été votée en février 2005 sous l'impulsion de Jacques Chirac qui a fait du handicap l'un des trois chantiers de son quinquennat. A la rentrée 2005, les associations de parents d'enfants handicapés ont manifesté leur mécontentement car les écoles n'étaient pas prêtes à les accueillir. Mais, dès la rentrée 2006, elles ont constaté un net progrès : quelque 160 000 enfants ont pu intégrer une classe en milieu ordinaire, soit 6 % de plus que l'année précédente et 20 % de plus qu'en 2004.
De son côté, Ségolène Royal peut se targuer d'avoir, en 2001, lorsqu'elle a pris en charge le dossier du handicap, organisé son plan handiscole. Le principe était de créer des postes d'auxiliaires dans les écoles pour aider les enseignants à accueillir des enfants handicapés dans leurs classes. Mais les associations ont beaucoup critiqué ce système, pas assez contraignant et progressivement, les postes des auxiliaires ont été supprimés.
« Jouer avec le handicap est proprement scandaleux », lance-elle, ulcérée, en reprochant à la droite d'avoir « cassé » la politique qu'elle avait initiée lorsqu'elle était ministre de Lionel Jospin. « Calmez-vous, ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé », réplique Nicolas Sarkozy, dans une ambiance de grande tension. « Non, je ne me calmerai pas. Quand il y a des injustices, il y a des colères particulièrement saines », fait-elle valoir.
« Vous sortez de vos gonds avec beaucoup de facilité »La passe d'armes se poursuit : « Je ne sais pas pourquoi Mme Royal, d'habitude calme, a perdu ses nerfs ». Le candidat UMP reprend l'avantage : « Je ne pense pas que vous élevez la dignité du débat politique, dit-il. Je ne mets pas en cause votre sincérité, ne mettez pas en cause ma moralité. » Il insiste : « Vous sortez de vos gonds avec beaucoup de facilité. Le président de la République, c'est quelqu'un qui a des responsabilités très lourdes ». Ségolène Royal se défend : « Je ne m'énerve pas, je me révolte car j'ai gardé ma capacité de révolte intacte ».
Nicolas Sarkozy aurait pu lui répondre qu'une loi existe sur l'obligation de scolarité des enfants handicapés. Elle a été votée en février 2005 sous l'impulsion de Jacques Chirac qui a fait du handicap l'un des trois chantiers de son quinquennat. A la rentrée 2005, les associations de parents d'enfants handicapés ont manifesté leur mécontentement car les écoles n'étaient pas prêtes à les accueillir. Mais, dès la rentrée 2006, elles ont constaté un net progrès : quelque 160 000 enfants ont pu intégrer une classe en milieu ordinaire, soit 6 % de plus que l'année précédente et 20 % de plus qu'en 2004.
De son côté, Ségolène Royal peut se targuer d'avoir, en 2001, lorsqu'elle a pris en charge le dossier du handicap, organisé son plan handiscole. Le principe était de créer des postes d'auxiliaires dans les écoles pour aider les enseignants à accueillir des enfants handicapés dans leurs classes. Mais les associations ont beaucoup critiqué ce système, pas assez contraignant et progressivement, les postes des auxiliaires ont été supprimés.
Nucélaire, avantage à Royal, selon le figaro
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont tort tous les deux !
Ségolène Royal a interrogé son adversaire sur la part du nucléaire dans la consommation d'électricité en France. Or, le chiffre de 17% correspond à la part du nucléaire dans toute l'énergie (et pas uniquement l'électricité) consommée en France.
Quant au chiffre de 50%, il ne correspond à rien dans le domaine de la consommation de l'énergie.
Ségolène Royal a interrogé son adversaire sur la part du nucléaire dans la consommation d'électricité en France. Or, le chiffre de 17% correspond à la part du nucléaire dans toute l'énergie (et pas uniquement l'électricité) consommée en France.
Quant au chiffre de 50%, il ne correspond à rien dans le domaine de la consommation de l'énergie.
Un débat enfin d'époque pour libé
Tant la réalisation que les duettistes ont été à la hauteur.
Trente-trois ans après sa création en 1974, le débat de l'entre deux tours a enfin atteint sa maturité télévisuelle. L'objet empesé alternant plan sur un candidat puis plan sur l'autre est mort hier soir. Le réalisateur, Jérôme Revon, a pourtant respecté la règle interdisant les plans de coupe, mais il l'a savamment contournée. A la place, Revon multiplie les plans larges. Résultat : le téléspectateur a pu voir ce que l'un faisait pendant que l'autre argumentait. Et c'est aussi dans ces plans larges que le débat s'est joué.
Le tirage au sort a désigné Sarkozy pour parler le premier. Il commence comme sa caricature des Guignols : cacalme, coocool, zezen et la voix détimbrée. Elle, d'emblée, monte le son et impose ses thèmes (la dette, la croissance, etc.), obligeant son rival à la suivre sur son terrain. En face, Sarkozy ne cesse de regarder Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor, s'adresse à eux plutôt qu'à Royal. Elle le fixe, même quand la caméra n'est pas sur elle. Quand il parle, elle prend des notes. Ce qu'elle écrit ? Sûrement rien, mais la diversion marche : Sarkozy baisse les yeux et regarde, agacé, le stylo de Royal qui s'agite.
Celle-ci mène le débat comme une guérilla et se paie le luxe de se la jouer maîtresse d'école. Lui est sur la défensive. Son truc : l'appeler «Madame» sans cesse. Citer à plusieurs reprises le nom de François Hollande pour ramener Royal à son statut de compagne. Dans la position de son corps aussi, Royal est à l'offensive. Lui a le coude posé sur la table, le dos souvent voûté ; elle est avancée vers lui. D'un coup, le décor en anneaux imaginé par Philippe Désert tient du numéro de hula-hoop. Et c'est Royal qui est au centre.
07:20 Publié dans Revue de Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Figaro, Libé


