mardi, 12 décembre 2006

Séglène : ce que je retiens de ma tournée au proche orient

Ce que je retiens de ma tournée au Proche-Orient

«J’ai choisi le Proche-Orient comme premier voyage après ma désignation car je crois que les conflits qui secouent cette région sont parmi les plus anciens, les plus complexes et les plus dangereux de la planète. Il est donc de la première urgence de chercher à y mettre un terme. Les pays concernés sont liés à la France et à l’Europe par la proximité géographique, par l’histoire, mais aussi par une commune aspiration des peuples à faire de l’espace méditerranéen une zone de paix et de développement économique et social.

La situation dans la région est marquée par des inquiétudes, mais aussi des espoirs.

Les différents partis doivent trouver les voies du dialogue.
Après avoir été blessé par la guerre de l’été dernier, le Liban connaît une grave crise politique ponctuée par des assassinats, dont a été victime en dernier lieu Pierre Gemayel. Des manifestations impressionnantes se déroulent depuis une semaine à Beyrouth. Les différents partis, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, doivent trouver les voies du dialogue : je l’ai dit à tous les responsables que j’ai rencontrés, à M. Fouad Siniora, Premier ministre, à M. Nabih Berri, Président du Parlement, à M. Walid Joumblatt, Président du Parti socialiste progressiste, membre de l’Internationale socialiste, et aux députés de toutes tendances que j’ai rencontrés dans le cadre de la commission des affaires étrangères du Parlement.

La FINUL, dont je suis allée saluer sur place le contingent français, joue, de l’avis de toutes les parties, un rôle de stabilisateur du pays. La mission de nos soldats est délicate, et ils la remplissent avec courage et détermination. La résolution 1701 doit être pleinement appliquée, dans tous ses éléments.

Trêve à Gaza, ouverture d'Ehud Olmert et échec de négociation entre le Fatah et le HAmas.
Au moment où je suis arrivée en Israël et dans les Territoires palestiniens, trois événements importants venaient de se produire : la conclusion d’une trêve à Gaza, une déclaration d’ouverture du Premier ministre israëlien, et l’échec des négociations entre le Fatah et le Hamas en vue de conclure un accord de gouvernement permettant d’avancer vers la reconnaissance des trois principes du Quartet (renonciation à la violence, reconnaissance d’Israël et reconnaissance des accords passés entre Palestiniens et Israëliens).

Le Président Mahmoud Abbas m’a dit sa détermination à résoudre par la voie démocratique la crise politique interne qui secoue les Territoires palestiniens depuis la victoire aux élections du Hamas, de façon que le dialogue puisse reprendre avec Israël et que l’aide économique européenne et internationale puisse reprendre. Il m’a dit aussi son grand intérêt pour la déclaration de M. Ehud Olmert.

Il est plus que jamais nécessaire que les deux parties reprennent langue et discutent d’un règlement global de ce conflit de plus de soixante ans, qui nourrit le désordre économique, le désespoir social et les extrêmismes. L’Europe doit, en parlant d’une voix plus unie et plus forte, prendre toute sa part à ce règlement : je l’ai dit au Premier ministre d’Israël.

J’ai trouvé chez l’ensemble des responsables que j’ai rencontrés une conscience aiguë de l’urgence à régler les conflits et à construire la paix. Leurs peuples n’aspirent qu’à cela. Les jeunes que j’ai rencontrés, à Beyrouth, à Gaza et à Jérusalem, me l’ont dit : ils veulent un avenir où leurs enfants n’auront plus peur du voisin, où il sera possible d’étudier et de se déplacer, où les échanges entre jeunes des différents peuples seront libérés de toute méfiance. Un de ces jeunes m’a dit : « nous avons tous un même désir d’avenir ». Ce n’était pas un clin d’œil, c’était un cri du cœur.
»


jeudi, 07 décembre 2006

Les véritables héros de notre temps

Ségolène Royal achève son voyage au Proche Orient - [04/12/06]

Ségolène Royal a achevé sa visite officielle de plus de quatre jours au Moyen Orient, qui l'a conduit tour à tour au Liban, en Israël et en Palestine. Ségolène Royal a été accueillie à chaque étape par les plus hautes autorités des Etats.

Acte 1 - Liban.
Partir serait un mauvais signe.
Alors que les tensions politiques étaient très vives au Liban, une ample manifestation étant prévue au centre de Beyrouth, vendredi, à l'appel des partis pro-syriens, Ségolène Royal n'a pas souhaité modifier d'un iota son programme, alors que certains lui conseillaient jeudi, à son arrivée à l'aéroport, de quitter le Pays du Cèdre pour des raisons de sécurité.
«Je suis ici, j'y reste. (...) Partir serait un mauvais signe, une atteinte portée à l'image du Liban ».

"Dans la situation préoccupante que connaît aujourd'hui le Liban, je viens affirmer ma condamnation de tout assassinat politique, ma foi dans la démocratie", avait-elle affirmé en quittant Paris.

Le progrès du monde a besoin d'un Liban réconcilié avec lui-même.
Ségolène Royal a d'abord rendu visite, jeudi, à l'ancien président Amine Gemayel et à son épouse Joyce, parents de Pierre Gemayel, ministre de l'Industrie libanais assassiné le 21 novembre dernier. Elle leur a présenté ses condoléances "profondément attristées", a souhaité que cessent "les déchirements tragiques" qui endeuillent ce pays et qu'intervienne au plus vite la réconciliation nationale. "Le progrès du monde a besoin d'un Liban réconcilié avec lui-même. (...) Notre responsabilité commune (...) c'est de permettre aux jeunes de s'y construire un avenir heureux, et de permettre à chaque enfant de naître dans un pays en paix. (...) la France fera tout ce qu'elle peut auprès du Liban pour permettre que se lève cette espérance."

Ségolène Royal s'est ensuite entretenue avec Nabih Berri, président chiite de la chambre des députés et chef du mouvement chiite Amal, a été reçue par le Premier ministre libanais Fouad Siniora puis a dîné avec le président du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt.

Ségolène Royal n'a pas exclu un dialogue sous conditions avec la Syrie, accusée par la majorité libanaise de vouloir déstabiliser le Liban. "Ce dialogue, dans son principe, ne doit pas être fermé mais il doit être conditionné à des gestes tangibles pour qu'il soit crédible et utile au Liban", a-t-elle dit.

Visiste aux troupes de la Finul.
Vendredi, Ségolène Royal rendait visite à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) à Naqoura. La France est avec 1.650 Casques bleus le principal contributeur de la Finul, chargée de consolider la trêve à la frontière libano-israélienne. Elle a demandé que "cessent les survols" des positions de la force des Nations unies par des avions israéliens. "J'ai bien l'intention d'en parler aux dirigeants israéliens. Mon rôle, là, est utile".

La Polémique de Sarkozy.
Sa rencontre avec 17 députés de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale libanaise dans la soirée a suscité un début de polémique en France. Pendant cette réunion, un député du Hezbollah, Ali Ammar, a déclaré en arabe : "Le nazisme qui a versé notre sang et qui a usurpé notre indépendance et notre souveraineté n'est pas moins mauvais que le nazisme qui a occupé la France". L'absence de réaction de Ségolène Royal sur le moment a été critiquée en des termes très vifs par des responsables de l'UMP."Je n'ai pas entendu cette comparaison et si cette comparaison avait été faite, que ce soit moi ou que ce soit l'ambassadeur de France qui était à mes côtés et qui n'a pas non plus entendu ces propos, nous aurions quitté la salle. Que les choses soient bien claires : ces propos qui auraient été inadmisissibles, abominables, odieux, auraient entraîné de notre part un départ de la salle. Nous n'avons pas entendu ces propos" a déclaré Ségolène Royal le lendemain. "Je continuerai à dialoguer, n'en déplaise à certains, avec tous les parlementaires ou toutes les autorités démocratiquement représentatives et je ne laisserai pas déformer le contenu d'une réunion ou les propos pour m'empêcher de continuer à parler."

Acte 2 - Jordanie.
Samedi, Ségolène Royal s'est rendue en Jordanie, où elle a été accueillie par le premier ministre jordanien puis le directeur de cabinet du roi à Amman.

Acte 3 - Palestine.
le peuple palestinien a droit à un Etat souverain et viable et Israël à une sécurité durable.
Arrivée en Palestine dimanche, Ségolène Royal a été reçue à Gaza par le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, devant qui elle a formé le voeu que "se lève une paix durable et de nouvelles forces de vie. Le progrès du monde a besoin d'un Proche-Orient réconcilié avec lui-même". Ségolène Royal était la première personnalité française à rendre visite au Président palestinien depuis la victoire du mouvement Hamas aux élections de janvier. Devant la presse, elle a déclaré que "le peuple palestinien a droit à un Etat souverain et viable et Israël à une sécurité durable (...) La tâche est difficile, la tâche est complexe mais les énergies humaines et la volonté finiront par l'emporter".Elle s'est déclarée également préoccupée par la montée "du fondamentalisme" dans la région.

Ségolène Royal a apporté son plus vif soutien à M. Abbas: "Je suis impressionnée par sa force, sa volonté et son optimisme dans un contexte que je sais critique, mais en même temps plein d'espoir suite aux récentes déclarations d'Ehud Olmert (...) Je tiens M. le président à vous rendre un hommage particulier pour vos efforts pour la constitution d'un gouvernement palestinien qui manifesterait un progrès substantiel vers la reconnaissance des principes du quartette".

Plus tard, lors d'une rencontre à huis clos avec des étudiants palestiniens, elle s'est prononcée en faveur d'une reprise des aides directes à l'Autorité palestinienne, suspendues après l'entrée en fonction du Hamas fin mars. "Il faut reprendre l'aide internationale aux Palestiniens".

Acte 4 - Israël.
Les véritables héros de notre temps.
Après avoir passé une partie de l'après midi de dimanche en compagnie de la ministre israélienne des Affaires Etrangères, Tzipi Livni, à Jérusalem, Ségolène Royal s'est rendue, dans la matinée de lundi, au mémorial de l'Holocauste à Yad Vashem. Elle y a allumé la flamme du souvenir perpétuel, en mémoire des victimes de la Shoah, puis déposé une couronne de fleurs sur la dalle de béton recouvrant des cendres provenant des camps de concentration. "On est secoué au plus profond de soi et l'on partage l'insubmersible volonté d'Israël et la soif de justice. Ceux et celles qui sont revenus et qui ont reconstruit les racines, en portant malgré tout cela les forces de vie, sont les véritables héros de notre temps", a-t-elle écrit sur le livre d'or.

Convergence.
Dans l'après midi, Ségolène Royal a rencontré le chef du Parti travailliste israélien Amir Peretz puis le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, ce dernier ayant souligné leur convergence de position vis à vis de son engagement "à plaider dans les instances internationales pour l'interdiction d'accéder au nucléaire civil pour l'Iran".

Son voyage s'est achevé ce lundi soir, par une conférence de presse au cours de laquelle Ségolène Royal est revenue sur la question du nucléaire iranien."Je considère que là se trouve le plus grand danger pour la sécurité d'Israël et du monde, et pas seulement d'Israël d'ailleurs, de toute cette partie du monde, et qu'il ne faut pas laisser l'Iran accéder au nucléaire civil.Je considère en effet que laisser l'Iran maîtriser cette technologie et l'enrichissement de l'uranium, si cette première étape est franchie, alors il sera quasiment impossible d'empêcher l'accès au nucléaire militaire. Il ne serait pas responsable d'imaginer qu'il y aurait un échec de la communauté internationale sur le franchissement de cette première étape du nucléaire civil".Et d'ajouter: "Vous avez devant vous la seule responsable politique française qui s'est clairement exprimée contre l'accès de l'Iran au nucléaire civil".


mardi, 05 décembre 2006

Voyage de Ségolène Royal au Moyen Orient - Revue de Presse Internationale

French presidential candidate Royal visits Gaza, meets Abbas
Le site de la comité Juive de Boston, fait peu de cas de la "polémique" mise en place àl'UMP. Citantles propos de François Fillon. L'article souligne un bon bilan de ce séjour au moyen orient.
Combined Jewish Philanthropies
Lire l'article En Anglais.

Les faux-amis libanais de Ségolène Royal
Les journalistes du beiruter reviennent sur la polémique française, en remettanten doute son origine. Le mot arabe, "nazya" -nazi, rapportent les journalistes, aurait été entendu dans la phrase: la résistance du Hezbollah s’inspire de la résistance française contre le nazisme. L'article crucifie la stratégie de l'ump en soulignant: "En n'oubliant pas que, dès qu'on n'obéit pas aux recommandations de «nos amis» du 14 Mars, qu'on rencontre le Hezbollah, qu'on annonce qu'on rencontrera le Hamas, alors la machine à propagande Hariri-Chirac se met en branle, et on se retrouve embringuée dans un scandale antisémite."
Un article à lire.
03/12/2006
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La polémique autour du voyage de Ségolène Royal au Liban
Le blog qui regarde la France autrement offre un revue de presse israélienne sur le sujet. L'article souligne les retours minimes sur le sujet dans la presse israélienne. En revanche, la tournée au moyen orient de Ségolène Royal a été très suivie par les quotidiens israéliens. Mais alors si les israéliens s'en foutent, pourquoi l'UMP réagit-il de manière aussi véhémente? Besoin d'une tribune les gars?
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Voyage de Ségolène Royal au Moyen Orient - Revue de Presse Nationale

Hezbollah: Royal balaie d'un revers de main une polémique "dérisoire".
Nouvel Observateur AP | 04.12.06 | 22:29
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Une tournée proche-orientale digne d'un voyage d'Etat.
Libération 04.12.06
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Les Stratèges
Pierre Marcelle, revient pour le quotidien sur la source unique de la polémique en France et dans le monde: l'UMP.
Libération 04.12.06
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Ségolène Royal au Liban: François Rebsamen juge les polémiques "consternantes et dérisoires"
AP | 03.12.06
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Ségolène Royal est courtisée en Israël, mais en France, les critiques se poursuivent
Le quotidien LeMonde souligne l'absurde position de l'UMP,alors que Ségolène Royal estaccueillie avec les honneurs en Israël. Honneurs que Sarkozy pensait acquis. Un "agenda de présidentiable", continue ensuite l'article, marquant l'évident succès de sa tournée proche-orientale
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Royal et Olmert s’entendent sur le nucléaire civil iranien
Lefigaro revient lui aussi sur l'agenda de la candidate, soulignant l'intérêt de ses interlocuteurs et la qualité des échanges. Loin d'un polémique, qui semble plus que jamais cloisonnée dans les couloir de l'UMP, tant les responsables Israéliens semblaient porter peu d'attention à cette soit-disant "gaffe".
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samedi, 02 décembre 2006

Ségolène Royal au moyen orient rencontre les troupes de la Finul




jeudi, 30 novembre 2006

Visite au Moyen Orient - Liban

Ségolène Royal est arrivée aujourd'hui au Liban où elle débute son voyage au Moyen Orient.

Voici les premiers échos dans les journaux français:

A Beyrouth, Ségolène Royal appelle à la "réconciliation" des libanais
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 30.11.06 | 16h02 • Mis à jour le 30.11.06 | 19h00

Ségolène Royal a commencé, jeudi 30 novembre, au Liban une tournée dans la poudrière du Proche-Orient. C'est le premier voyage à l'étranger, depuis son investiture, pour la candidate socialiste à l'élection présidentielle. Mme Royal est arrivée dans un pays en pleine tourmente, à la veille d'une manifestation à Beyrouth de l'opposition, menée par le Hezbollah et les partisans du général chrétien Michel Aoun, qui demandent la démission du gouvernement du premier ministre Fouad Siniora.

La candidate a présenté jeudi à Beyrouth "ses condoléances profondément attristées" à la famille Gemayel et a lancé un appel à la "réconciliation" du peuple libanais. "Le progrès du monde a besoin d'un Liban réconcilié avec lui-même, de son rayonnement et de son incomparable culture", a déclaré la candidate présidentielle socialiste lors d'un point de presse commun avec Amine Gemayel, ancien président du Liban dont le fils, ministre de l'industrie, a été assasiné le 21 novembre. Elle a assuré que "la France fera tout ce qu'elle peut auprès du Liban pour permettre que se lève cette espérance".

Elle a décidé de ne pas interrompre sa visite malgré la tension mais sa réunion avec la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, dans laquelle figurent des députés du Hezbollah, a notamment été annulée. Amine Gemayel a remercié l'élue française "du fond du coeur". Evoquant François Mitterrand et Jacques Chirac, il a rappelé "l'amitié ancestrale" entre le Liban et la France.

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Malgré les risques, Royal ne quittera pas le Liban
lefigaro.fr(avec AFP).
Publié le 30 novembre 2006Actualisé le 30 novembre 2006 : 18h23
(AFP/H. Mussawi)

La candidate socialiste a rencontré jeudi l'ancien président Amin Gemayel, père du ministre de l'industrie assassiné.

A peine arrivée à Beyrouth, des responsables libanais ont pressé la candidate socialiste de quitter le pays avant la grande manifestation du Hezbollah prévue demain. Ségolène Royal refuse d’obtempérer et insiste pour «rester aux côtés des Libanais».

A peine débarquée de l’avion, Ségolène Royal est invitée à quitter le Liban. «Un certain nombre de responsables libanais nous ont suggéré de partir dès ce soir pour Amman», en Jordanie, a expliqué l’un de ses porte-paroles, Jean-Louis Bianco. Parmi ceux-ci, Whalid Joumblatt. Le leader Druze aurait averti la candidate de certaines craintes.

La raison : une manifestation du Hezbollah est prévue vendredi. Elle s’annonce massive, et pourrait donner lieux à des débordements. C’est pourquoi les autorités libanaises préfèreraient ne pas voir Ségolène Royal vendredi. Selon son porte parole, «ce n'était pas un problème de sécurité physique pour elle, mais un problème d'encombrements que risque de provoquer la manifestation».

Pour la candidate, quitter le Liban dès jeudi est hors de question. «Je reste parce que je ne veux pas donner de signal négatif, je veux rester à côté des Libanais», a rapporté son porte-parole.

Acte de courage ou volonté de démontrer sa pugnacité à l’électorat français ? Ni l’un ni l’autre : «si elle part, cela signifie que l'on est au bord de la guerre civile. Elle a fait le choix sans hésitation de rester», affirme Jean-Louis Bianco.

Par ailleurs, l’entourage de la candidate assure qu’ils n’étaient au courant ni de la date ni de l’ampleur de cette manifestation. Elle était pourtant prévue de longue date, alors que la visite de Royal au Liban a été organisée «à la dernière minute», comme l’assurait son équipe avant son départ.


La candidate socialiste, en tournée proche-orientale, a refusé de quitter le pays – comme on le lui a conseillé; vendredi, une manifestation menée par le Hezbollah et visant à faire chuter le gouvernement doit avoir lieu à Beyrouth.
Par Y. G. (avec agences)
LIBERATION.FR : jeudi 30 novembre 2006

La tournée de Ségolène Royal au Moyen-Orient, commencée jeudi, s’avère plus mouvementée que prévu. La candidate socialiste a choisi de commencer par le Liban pour son premier voyage à l’étranger depuis son investiture. Elle est arrivée dans un pays en proie à une vive agitation, à la veille d’une manifestation à Beyrouth organisée par l’opposition et notamment par le parti chiite Hezbollah, visant à faire chuter le gouvernement pro-occidental et antisyrien de Fouad Siniora.

Dès jeudi, plusieurs personnalités politiques ont donc «conseillé» à Ségolène Royal de quitter le pays, craignant des problèmes de sécurité pour elle. La candidate a répondu: «Je reste parce que je ne veux pas donner de signal négatif, je veux rester à côté des Libanais.» «Nous ne savions pas que la manifestation avait lieu demain et nous ne pouvions pas en mesurer l’ampleur», a précisé son directeur de campagne, Jean-Louis Bianco.

A Beyrouth, la candidate PS, qui a affirmé vouloir «être à l’écoute de tout le monde», y compris le Hezbollah, la Syrie et l’Iran, rencontrera l’ancien président chrétien Amine Gemayel – dont le fils Pierre a été assassiné le 21 novembre – le Premier ministre Fouad Siniora et diverses autres personnalités politiques pro ou antisyriennes. «Cette étape libanaise sera placée sous le signe de la fidélité, de l’écoute (…) pour un Liban indépendant et démocratique dans lequel tous les Libanais seraient citoyens à part entière», a-t-elle déclaré, peu avant avant son départ de Paris.

Puis, dès vendredi, Ségolène Royal sera attendue au Sud du Liban, où la France est le principal contributeur à la Force intérimaire des nations unies pour le Liban (Finul). «Dans la situation préoccupante que connaît aujourd’hui le Liban, je viens affirmer ma condamnation de tout assassinat politique, ma foi dans la démocratie et témoigner de mon amitié à l’ensemble des Libanais.»

La tournée de Ségolène Royal au Moyen-Orient se terminera en Israël. Elle y arrivera dimanche pour une visite de 48 heures et rencontrera entre autres le Premier ministre Ehud Olmert et la ministre des Affaires Etrangères Tzipi Livni. Cette visite intervient à l’heure où les relations entre Israël et la France traversent un phase particulièrement difficile suite au survol du Liban sud par l’aviation israélienne, ce qui a provoqué des tensions avec le contingent français de la Finul.

Par ce voyage, la candidate socialiste affirme vouloir «se rendre compte par elle-même de la réalité de la situation, nouer des relations avec les principaux responsables de la région et écouter pour agir juste». En choisissant cette région explosive, elle «commence par le plus difficile», avait commenté mercredi le porte-parole du Parti socialiste français, Julien Dray.
Ségolène Royal a pourtant manifestement encore des choses à prouver, car si un grand nombre de Français affirment lui faire confiance sur les affaires intérieures, les sondages montrent qu’elle a encore du chemin à faire sur les questions internationales. Selon un récent sondage, Nicolas Sarkozy est jugé le plus capable de faire face à une crise internationale par 58% des Français, contre 26% seulement pour la socialiste.