samedi, 28 avril 2007

Débat Réussi entre Royal et Bayrou - Retrouvez les points d'accord.

Quatre grand thèmes:

1/ Institutions, libertés publiques,impartialité de l'état, démocratie
2/ Europe (Relande de...)
3/ Economie, l'emploi et social
4/ Vie quotidienne, Education et Environement

BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 1/2 - kewego
BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 1/2 - kewego

BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 2/2 - kewego
BFM Tv : dialogue Ségolène Royal / François Bayrou - Part 2/2 - kewego

jeudi, 12 avril 2007

Pacte Présidentiel et Environnement

 

mercredi, 11 avril 2007

Les vraies mesures écologiques de l'UMP, par Claude Goasguen

À l’heure actuelle, 5 candidats à la Présidence de la République ont signé le Pacte Écologique de Nicolas Hulot : François Bayrou, Marie-George Buffet, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Dominique Voynet.
Les cinq propositions de ce pacte sont :
- La création d’un poste de vice premier ministre chargé du développement durable,
- Une taxe carbone en croissance régulière,
- Une nouvelle répartition des subventions agricoles vers une agriculture de qualité,
- La systématisation des procédures de démocratie participative et la mise en place d’une grande politique d’éducation et de sensibilisation.

Le Pacte Écologique précise que ces mesures sont « techniquement et juridiquement applicables dès le début du mandat du nouveau Président de la République » et ajoute : « les bouleversements liés au réchauffement climatique ou aux pénuries de ressources est déjà là. (…) L’ensemble des observations scientifiques le confirme. C’est la raison première de l’urgence de la mobilisation. »
Vous noterez que Claude Goasguen, porte-parole de Nicolas Sarkozy, semble approuver la proposition farfelue du faux-présentateur de convoyer à l'aide d'avion boeing et airbus de la glace aux pôles afin de les refroidir: "Cette proposition ne me semble pas choquante".

mardi, 10 avril 2007

Edifiant!

Nicolas Sarkozy et Michel Onfray - CONFIDENCES ENTRE ENNEMIS

D'un côté, un philosophe athée, antilibéral, hédoniste et libertaire. De l'autre, un candidat à la présidentielle n'hésitant pas à remettre en cause la loi sur la séparation de l'Église et de l'État, un ministre de l'Intérieur rêvant au rétablissement de l'autorité. À notre initiative, les deux hommes se sont rencontrés. On s'attendait à un choc frontal, il a été question de la croyance, du mal, de la liberté, de la transgression.
Propos recueillis par Alexandre Lacroix et Nicolas Truong / Photographies de Frédéric Poletti

Voici un court extrait du dialogue publié intégralement (sur 8 pages) dans Philosophie magazine n°8. Il s'agit de la fin du premier entretien entre les deux hommes (qui se sont ensuite revus pour prolonger la discussion). Après une première demi-heure extrêmement tendue, la conversation a pris une tournure existentielle, et deux visions de l'homme s'opposent.

(...)

Nicolas Sarkozy :
Je me suis rendu récemment à la prison pour femmes de Rennes. J'ai demandé à rencontrer une détenue qui purgeait une lourde peine. Cette femme-là m'a parue tout à fait normale. Si on lui avait dit dans sa jeunesse qu'un jour, elle tuerait son mari, elle aurait protesté : « Mais ça va pas, non ! » Et pourtant, elle l'a fait.

Michel Onfray :
Qu'en concluez-vous ?

N. S. : Que l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.

M. O. :
Je ne suis pas rousseauiste et ne soutiendrais pas que l'homme est naturellement bon. À mon sens, on ne naît ni bon ni mauvais.
On le devient, car ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme.

N. S. :
Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?

M. O. : Je ne leur donnerais pas une importance exagérée. Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.

N. S. :
Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.

M. O. : Puisque notre entrevue touche à sa fin, je voudrais vous offrir quelques cadeaux utiles avant que nous nous quittions.

[Michel Onfray tend à Nicolas Sarkozy ses
quatre paquets.]

N. S. [amusé] : Vous croyez que ma situation est si grave ?

[Nicolas Sarkozy déballe ses livres tandis que Michel Onfray commente ses choix.]

M. O. :
Totem et Tabou, je vous l'offre parce que Sigmund Freud y traite du meurtre du père et de l'exercice du pouvoir dans la horde. L'Antéchrist de Friedrich Nietzsche, pour la question de la religion, la critique radicale de la morale chrétienne à vous qui, parfois, allez à la messe en famille. Michel Foucault, c'est une lecture que je recommande plus particulièrement au ministre de l'Intérieur, adepte des solutions disciplinaires. Dans Surveiller et punir, Michel Foucault analyse le rôle du système carcéral et de l'emprisonnement, puis de leur relation avec la norme libérale. Pierre-Joseph Proudhon, enfin, car il montre qu'on peut ne pas être libéral sans pour autant être communiste.

N. S. :
Ai-je prétendu une chose pareille ?

M. O.
[se référant à ses notes] : Oui, dans votre livre Témoignage, page 237 : « Le communisme, l'autre mot de l'antilibéralisme ».

N. S. : Vous, vous êtes communiste ?

M. O. :
Ni communiste ni libéral. Je pense qu'il y a des options, notamment libertaires, de gestion du capital qui sont intéressantes et qui reposent sur la coopération, la mutualité,
le contrat, la fédération ou les crédits populaires. Proudhon est un auteur qu'on lit peu aujourd'hui, et souvent mal.

N. S. :
Donc, ça vous intéresse, la complexité ?

M. O. : Bien sûr ! Il vaut mieux qu'on finisse sur un
éloge de la complexité que sur le braquage idéologique
de la première demie-heure...

(...)

lundi, 09 avril 2007

Etre de droite, est-ce génétique ?

Dans un entretien accordé au mensuel Philosophie Magazine, Nicolas Sarkozy se déclare enclin à penser qu'«on naît pédophile». Ce à quoi il ajoute : «Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année»… c’est «parce que génétiquement ils avaient une fragilité».

Sarkozy nous livre ici le fond d’une pensée de droite, ce que le philosophe Michel Onfray à qui il a accordé l’interview qualifie de «métaphysique de droite» : l’existence de faits ou d’idées objectives, sans relation avec le monde qui les entoure. Les bons et les méchants, les héros et les graines de voyous, les délinquants, les contrevenants, les criminels : chacun doit accomplir ce pour quoi il est destiné, ce qui autrefois était écrit dans les astres et qui aujourd’hui se déchiffre dans le code génétique. Œuvre de Dieu ou d’un Destin micro biologique qui ordonnance le monde, nous serons ministre de l’Intérieur ou assassin, puissant ou misérable.
Le tout génétique, l’inné contre l’acquis ou le social ! Cette position intellectuelle est tellement répandue outre-Atlantique…

[...]

On ne naît pas ce que l’on est, on le devient. Et les déterminismes politiques, économiques, historiques tout comme les déterminismes biologiques sont divers, multiples et puissants.
Si nous devons nous méfier de ces lignes de faille entre l’individu responsable de tout et la société de rien qui relève d’une vision de droite, et l’idée d’une société responsable de tout et l’individu de rien vers quoi s’oriente parfois la démagogie de gauche, nous avons bientôt à faire un choix entre des candidats.
Et celui qui cherche à déceler le futur délinquant chez un enfant de maternelle n’emportera certainement pas mon adhésion.
Lire la suite "Etre de droite, est-ce génétique ?" »

Serge Hefez
Psychiatre et psychanalyste, responsable de l'unité de thérapie familiale dans le service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris.
Il dirige également ESPAS (Espace social et psychologique d'aide aux personnes touchées par le sida) et intervient comme expert à l'Institut national pour l'éducation à la santé et sur les problématiques liées à la toxicomanie.

lundi, 23 octobre 2006

Social - «la France invisible», un pavé dans les marges

Les «invisibles» seront-ils les invités surprises de la présidentielle ? La campagne lèvera-t-elle le voile sur les «inégalités cachées», pour reprendre l'expression d'un haut fonctionnaire gouvernemental ? A six mois du premier tour, un petit parfum de nouveauté flotte sur le débat politique. Fin 2001, la précampagne était dominée par la sécurité (à droite) et les disputes entre alliés (à gauche). Cette fois-ci, qu'il s'agisse du droit au logement, de la carte scolaire, des 35 heures ou des effets de la hausse des prix, les premiers clivages portent sur les questions sociales et, plus précisément, sur les nouvelles formes d'inégalités. Poussés par plusieurs publications, stimulés par la nécessité tactique de se distinguer de leurs devanciers, les aspirants candidats en viennent même à faire de leurs capacités à exprimer la nouvelle donne sociale leur principal atout.

Souffrance. En librairie depuis dix jours, la France invisible constitue l'expression la plus frappante de cette évolution. En 650 pages, les auteurs font parler ceux dont on ne parle pas ou presque. «Banlieusards», «délocalisés», «démotivés», «intermittents de l'emploi», «pressurés», «sous-traités», «déclassés» : l'énumération est saisissante, et il s'en dégage une souffrance sociale d'autant plus cruelle qu'elle est morcelée et semble laisser chacun seul face à son destin. Loin des catégories sociales classiques en vigueur depuis l'après-guerre (classes moyennes, ouvriers, employés, etc.), la France invisible décrit le déploiement des inégalités sur des registres très différents : lieu de résidence, couleur de peau, santé, conditions de travail, type de contrat.

C'est le choc du 21 avril 2002 qui a incité chercheurs et essayistes à prendre conscience que la réalité sociale ne correspondait plus aux canons d'antan. Ce fut par exemple le cas du philosophe Patrick Savidan, qui, estimant que l'élimination de Lionel Jospin avait été «le résultat d'un mauvais diagnostic sur la société française», s'est associé au magazine Alternatives économiques pour fonder l'Observatoire des inégalités, qui publie ce mois-ci son premier Etat des inégalités en France (1). On y redécouvre qu'un couple qui dispose d'un revenu mensuel après impôt supérieur à 4 077 euros fait partie des 10 % des Français les plus aisés. On y apprend que l'écart d'espérance de vie se creuse entre ouvriers et cadres supérieurs. Que, si les enfants de cadres supérieurs représentent 12 % d'une classe de sixième, ils «pèsent» 42 % d'une classe préparatoire.

D'autres initiatives ­ telle que la République des idées, lancée par Pierre Rosanvallon ­ ont convergé, et, à l'orée de la nouvelle campagne, leur travail de dévoilement commence à porter ses fruits. L'exemple des accidents du travail permet de mesurer le chemin parcouru. Il y a deux ans, le sociologue Philippe Askénazy montre que, contrairement aux idées reçues, ils sont en hausse (2). «Le thème commence à être repris par les politiques», note le chercheur, qui voit des députés PS s'en emparer. Certes, le sujet n'apparaît pas dans le programme du PS, rédigé au printemps. Mais il est présent dans les blogs de Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal (mais pas de Fabius). Même l'entourage de Nicolas Sarkozy a manifesté son intérêt pour la question.

Prudence. Autre exemple : les prix. Dans la partie théorique de la France invisible, le sociologue Stéphane Beaud voit dans la stabilité de l'indice de l'Insee au moment du passage à l'euro l'exemple flagrant du décalage entre discours officiel et réalité. Philippe Askénazy ajoute que l'indice évalue les frais de logement à seulement 6 % du budget des ménages, ce qui paraît peu. Et voilà que, reprenant la balle au bond, Ségolène Royal a proposé, lors du premier débat avec ses concurrents du PS, de remettre l'indice à plat, tandis que Sarkozy affirme que l'euro «a masqué une réelle hausse des prix».

Précarité, déclassement, inégalité scolaire, inégalité de logement : les nouvelles figures de l'inégalité reviennent désormais fréquemment dans les discours de Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn. Quant à Nicolas Sarkozy, depuis la mi-juin, il prend des accents séguinistes pour s'adresser «à cette France qui souffre, dont tout le monde parle, mais à laquelle pourtant on ne parle pas.» A Périgueux, il a promis de rendre opposable le «droit au logement» : un administré en manque de logement pourrait traîner une municipalité devant les tribunaux. Une réédition du coup de la fracture sociale ? Martin Hirsch, président d'Emmaüs, souligne la prudence des candidats, malgré l'emballement : «Ils tâtonnent. En prenant des positions trop tranchées, ils ne savent pas s'ils vont attirer à eux ceux qui souffrent ou s'ils vont faire fuir ceux qui ont le sentiment qu'on ne s'intéresse qu'aux exclus.» Les «invisibles» sont peut-être en train de conquérir leur visibilité. Peut-être...

(1) Coéditions Observatoire des inégalités-Belin.
(2) Les Désordres du travail, éditions La République des idées-Le Seuil, 2004.



Par Eric AESCHIMANN
QUOTIDIEN : Lundi 23 octobre 2006 - 06:00
Liberation