jeudi, 18 janvier 2007

Café-Ségo, ce qui ressort du débat.

La constatation générale de cette rencontre est qu'il existe un décalage fort entre la réalité et la vision donnée dans les média/par des politiques.
Cependant, il a été bien précisé et a de nombreuses reprises, qu'il est important de ne pas dire qu'il n'y a pas de violence, car:

- C'est un vrai problème, qu'il convient donc de ne pas éluder. De même il ne faut pas en nier l'ampleur ni les différents formes (incivilités, délinquance, violence)
- Ce n'est pas forcément la priorité : Ne pas le traiter en premier
- Ce n'est pas forcément à traité seul : Ne pas dissocier le sujet du reste dans son traitement.

Sans nier les actions violentes et la délinquance, d'autres questions se posent:
- Ne s'agit-il pas plutôt de traiter des incivilités, et des difficultés à vivre ensemble?
- La question en doit-elle pas se poser sous la forme plus globale de l'éducation, du logement, de l'emploi. Tout étant lié.
- Élargir la question à toutes les insécurités: précarité, insécurités sociales, culturelle, mixité sociale, cohésion sociale.
- Deux aspects à la question: insécurité/protection.
- Le débat sur l'insécurité débouche sur l'éducation, la prison, la parentalité, les valeurs, l'emploi, les moyens de prévention.

Il est nécessaire de savoir trouver les racines des actes de délinquance, et de prévenir, ainsi des raisons aux actes violents ont été recensées:
-Constat d'une prise en charge défaillante de la jeunesse à la maison, dans les familles (couple travaillant, enfant livré plus souvent et plus longtemps à eux même, accès possible à des films/média/jeux violents, violences quotidiennes acceptées).
- Certaines politiques (locales ou nationales) opportunistes reposent sur la culture de la peur et du sentiment d'insécurité. (faisant ainsi une publicité indue aux actes de délinquance)
- On doit critiquer des politiques électoralistes et des investissements fait en dépit de plus important ou plus efficace.
- Les jeunes adultes manquent de visions/de prises sur le futur.
- On tient un mauvais discours, une mauvaise politique sur l'intégration. (étrangers, jeunes, femmes)
- Il y a un problème profond du racisme en France. (on ne se dégage pas des a priori de couleurs, d'origines, de genre, d'âge)
- Quand le lien social est rompu alors il y a violence.

Enfin, des propositions ont été faites par les participants.
1. Prévention, Répression et Réinsertion.
Comme certains le faisaient remarquer, une des meilleures manières d'éviter la violence et la délinquance serait certainement la prévention très tôt et sur un très long terme. Cependant, il est nécessaire de répondre dans l'immédiat aussi. (Traitement des victimes, réponses aux "fautifs")
Le système de réponse juridique devrait être mieux adapté, et basé sur l'Éducation et la sanction, pour éviter l'apparition de futurs fautifs.
Il semble important de rétablir un Pacte Social permettant de : prévenir la délinquance, traité les victimes et répondre à l'agresseur.
Enfin, il ne faut pas opposer l'action à court terme (gestion des délinquances, action de prévention) à celle à long terme (action politique locale et nationale telle que l'éducation, la transmission des valeurs, culture...)

2. Prévenir, Éduquer, Informer:
Il est improtant de lutter contre la culture de la peur, de l'insécurité des médias ou politiques.
C'est à dire rassurer les gens et travailler contre le sentiment d'insécurité.
D'autre part, pour mieux responsabiliser les parents, il faut donner une chance aux familles de comprendre ce qui se passe réellement dans les rues, les quartiers, ce que font leurs enfants de leur temps libre.Enfin, il est nécessaire de donner, à nouveau, une signification à l'école pour redonner sens à la démarche éducative et scolaire: vers l'emploi.


Demain la suite, 8 autres points.
Cyrille


mercredi, 22 novembre 2006

Projet de loi sur la délinquance

Délinquance: Sarkozy sans éclatliberation.fr
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"On a connu le ministre d'Etat plus enflammé. Hier après-midi, c'est un Sarkozy quelque peu scolaire, qui a présenté aux députés son sixième projet de loi en matière de lutte contre l'insécurité. Ce texte consacré à la prévention de la délinquance, au destin chaotique depuis sa naissance en 2003, rencontre toujours beaucoup de résistance dans les rangs de l'opposition mais aussi dans ceux de la majorité. Tout à son obsession élyséenne, le patron de l'UMP plie mais ne rompt pas. Pour cause, avec ce projet de loi, il s'approprie une thématique dont l'extrême droite a fait son fonds de commerce : «Il faut mettre des bornes à la violence, a justifié Sarkozy à la tribune de l'Assemblée nationale. Sinon, les extrêmes se saisiront de cela pour proposer des solutions au peuple excédé qui ne sont pas celles de la République

«Pas mûrs». Le ministre de l'Intérieur s'est attardé sur plusieurs faits divers (bus incendié à Marseille, séquestration et mort d'Ilan Halimi...) dans le but de justifier le durcissement des sanctions contre les mineurs : «Si on excuse la sauvagerie aujourd'hui, il faut s'attendre à la barbarie demain», a-t-il à nouveau martelé. Et pourtant, Sarkozy a dû rogner sur son affichage sécuritaire. Ainsi, le garde des Sceaux, Pascal Clément, et le Premier ministre, Dominique de Villepin, se sont opposés à deux mesures phares du ministre d'Etat : l'instauration de peines plancher pour les mineurs récidivistes et la suppression de l'excuse de minorité, qui consiste à diviser par deux la peine encourue pour les jeunes de 16 à 18 ans.
Vaille que vaille, Nicolas Sarkozy a décroché in extremis un compromis. Quelques heures avant le début de l'examen du projet de loi, la commission des lois a adopté deux amendements du rapporteur UMP Philippe Houillon. L' «excuse de minorité» pourra ne pas s'appliquer en cas de récidive et d'atteinte volontaire à la vie, à l'intégrité physique ou psychique. L'autre point d'achoppement au sein du gouvernement a trouvé, lui aussi, une forme de règlement. Nicolas Sarkozy, qui a reconnu que les esprits n'étaient «pas mûrs» pour l'instauration d'une peine plancher, a esquissé «la solution du consensus» : si le juge prononce à l'encontre d'un récidiviste une peine inférieure à la peine fixée par le législateur, il devra motiver sa décision. «Quoi de plus compréhensible par les délinquants comme par les victimes ?», s'est félicité le ministre d'Etat.

Amendements. Décidé à ressusciter le clivage gauche­droite à son profit, Sarkozy a fustigé le bilan des socialistes : «La tolérance des dernières décennies par générosité, par naïveté ou simplement par négligence a permis une véritable escalade dans la violence.»
En riposte, le président du groupe socialiste et principal orateur sur ce projet de loi, Jean-Marc Ayrault, a promis d'appliquer «la tolérance zéro» au bilan du ministre de l'Intérieur. Décidé à ne pas laisser les coudées franches à Sarkozy sur ce thème électoralement sensible, le PS va déposer une centaine d'amendements dont certains formuleront des propositions alternatives en matière de prévention et de sanction de la délinquance.
Pour leur part, fidèles à leur ligne autonomiste, les élus UDF qui ont voté contre le texte au Sénat devraient persister à l'Assemblée : «L'alourdissement des peines risque d'aggraver le comportement des jeunes, a averti le porte-parole du groupe centriste François Sauvadet. Il faut des moyens, une politique durable qui ne repose pas seulement sur le renforcement des sanctions.»

MOBILISATION GÉNÉRALE CONTRE CE PROJETlemonde.fr

De son côté, le ministre de la justice, Pascal Clément, a assuré que le texte "répond aux attentes des acteurs locaux et des élus". Jacques Chirac a lui évoqué le thème de la sécurité devant le congrès des maires de France : "Le combat pour la sécurité de tous est par excellence un combat qui doit nous rassembler", a-t-il déclaré, tout en rappelant qu'il faut "faire respecter la loi tout autant que respecter chacun. Affirmer les règles et savoir tendre la main".

Les députés socialistes ont décrété une mobilisation générale contre ce projet par le biais duquel ils entendent faire le procès du probable candidat de l'UMP à la présidentielle. "C'est une opportunité que nous ne manquerons pas de saisir pour tirer le bilan, largement négatif, de M. Sarkozy", a lancé leur chef de file, Jean-Marc Ayrault. "Nous voulons démontrer que la gauche n'est pas laxiste et propose une alternative, c'est une bataille projet contre projet", a expliqué Jean-Pierre Blazy, l'un des orateurs PS.
Les communistes ont promis de ne pas être en reste contre un texte "emblématique de la droite" et les centristes ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne "voteront" pas un texte "de communication". L'examen de ce projet de loi par les députés est prévu jusqu'au mercredi 29 novembre, l'Assemblée devant se prononcer par un vote solennel le mardi 5 décembre sur l'ensemble du texte.

Samedi 18 novembre, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté à Paris et en province, exigeant le retrait du projet, et un "collectif national unitaire de résistance à la délation" composé de syndicats et d'associations s'était déclaré prêt à "entrer en résistance" contre un texte qu'il qualifiait de "liberticide".




lundi, 02 octobre 2006

Retour sur la délinquance

Je suis dernièrement revenu sur les conclusions de la réunion du 26 septembre et les annonces en trompe-l'œil du Maire de Vanves, Bernard Gauducheau concernant la délinquance à Vanves.(notre article)

Je soulignais alors l'importance d'une vision plus globale de la délinquance en tenant compte des conditions d'apparition et de maintient de la délinquance (inégalité sociale, échec scolaire, chômage, manque de repère et d'identité), ainsi que des moyes d'appréhender justement les actes d'incivilité.
Le programme de M. le Maire, équivoque que l'équilibre préventif/répressif, me semble simpliste et le discours tenu trahi l'ambiguïté de son positionnement politique: UDF ascendant Sarkozyste.

Ségolène Royal est largement revenue sur la question de la délinquance (critique du projet de prevention de la délinquance de Sarkozy) et sur le concept de "sécurité durable". Dernièrement à Lens, pour le fameux grand oral, elle a rappelé qu' "Emploi, Famille, Ecole, Logement: Tout se tient! Si un des maillons vient à manquer alors tout l'édifice est fragilisé!" (Voir notre article sur le grand oral de Lens). Le 23 septembre, elle précisait: "Ce sont les parents qui sont sécurisés par des emplois stables, des CDI, avec des métiers corrects et valorisants, qui montreront l'exemple" à leurs enfants, ajoutant que l'éducation doit être mise au cœur du projet socialiste.
C'est donc la durabilité des démarches entreprises sur la délinquance qui amènera sécurité et sérénité pour tous.

Elle a part ailleurs avancé les propositions suivantes:
Aide à la parentalité:
-Les parents d'enfants commentant des actes d'incivilité seraient contraints de prendre part à des stages dans "des écoles de parents", accompagnés de parents référents, et de professionnels.
-Mise sous tutelle des allocations familiales des familles concernées par des actes de délinquance d'enfants, afin de s'assurer de la cohérence de leur utilisation.

Education:
-Deuxième poste d'enseignant ou d'aide à l'enseignement dans les classes difficiles ("C'est au collège que tout se joue. Il n'est pas acceptable qu'un enfant aille au collège ayant peu de la violence. Il n'y a pas assez d'adultes pour encadrer les élèves" Fête de la Rose de St Pierre la Feuille (Lot) le 23 septembre)
-Soutien Scolaire individuel gratuit pour les enfants en difficultés
-Incitations des étudiants du secondaire à animer des Tutorats pour aider ceux du premier cycle.

Encadrement:
-Placement imposé des enfants perturbateurs des collèges dans des internats relais.
-Pour les jeunes délinquants de plus de 16ans (non contraint donc à être scolarisés) dans un environnement cadré sur des projets d'utilité public ou humanitaires en France ou à l'étranger. L'encadrement militaire pourrait être envisagé.

Je reviendrai dans les prochains jours sur les autres clefs de l'ordre juste

Cyrille

vendredi, 29 septembre 2006

Avis aux habitants du Plateau

Je voudrais vous faire part de mes doutes quant aux intentions réelles de M. Gauducheau lors de la réunion de mardi 26 septembre à l'école Fourestier.

Vous avez certainement été ravis de pouvoir vous exprimer, librement pour la plupart d'entre vous, sur les soucis concernant votre quartier et je sais qu'il vous tenait à coeur d'obtenir des réponses pratiques à ces problèmes.

Or, des réponses en avons nous eu? J'en doute.
Certes nous avons tous assisté au déballage de mesures du Maire, qui trahissait ainsi ses réelles motivations à organiser une telle réunion: Dévoiler son programme préélectoral. Trahissant ainsi sa promesse de trouver avec vous les solutions aux problèmes qui concernent votre quartier, M. Gauducheau nous a en effet livré un programme bien mal ficelé.

Il a bien sur maintenu l'illusion d'une réelle concertation avec les citoyens en annonçant la création d'un groupe de réflexion sur une action de discussion avec ses jeunes qui troublent la sérénité de beaucoup. Faible déclinaison d'une idée brillante et très porteuse, si l'on se donne la peine de l'exploiter jusqu'au bout.

J'ai tenu à intervenir pendant la réunion afin d'obtenir du Maire des précisions sur son programme. En effet, au-delà de l'avis de chacun sur les mesures annoncées (j'avais lors d'une précédente réunion de quartier voulu prévenir de l'échec annoncé de l'installation du système de vidéosurveillance – échec constaté depuis par M. Gauducheau ainsi qu’il l'a lui-même annoncé en début de réunion), ce sont les priorités dans la mise en oeuvre et la capacité à les financer qui détermineront la réussite des démarches.
Nous savons déjà que les caméras de vidéosurveillance ne seront pas installées avant le début de l'année 2007. En ce qui concerne les autres propositions, nous sommes en droit de nous interroger sur les moyens mis en place et les délais d'entrée en fonction.
Ainsi voici sommairement les questions auxquelles monsieur le Maire ne souhaitait pas répondre:

- A quelle date est prévue l'ouverture du centre d'accueil des jeunes du 110 rue Victor Hugo?
- Quel sont les effectifs et éventuelles embauches envisagées pour ce centre ? Qualités et professions des intervenants?
- Quelles seront la formation et l'action de la personne recrutée en poste d'aide à la maternité?
- Quand sera-t-elle en action sur le territoire vanvéen et au sein de la cellule de veille?
- Pourquoi les autres participants à la cellule de veille éducative et de prévention n'étaient-ils pas présents?

Quelle importance ont ces questions? Et bien elles déterminent le succès de l’opération. Car, si la police fait bien son travail comme Mme le commissaire voulait le démontrer l'autre jour, si les caméras de vidéosurveillance ne font pas disparaître ces jeunes, alors que nous reste-t-il pour amener à chacun la sérénité méritée? Il nous reste à nous attaquer aux raisons du désordre, aux raisons qui poussent ces jeunes à ne plus respecter personne, même pas eux-mêmes!

Comme le soulignait Mme la commissaire en séance, sur les 15 personnes concernées, seuls 4 ou 5 sont de vrais délinquants. D'autre part, elle ajoutait que les parents des ces jeunes ne sont pas, contrairement à ce que l'on pense parfois, tous des parents démissionnaires. Certains sont des parents, bons, honnêtes, mais avec de réels problèmes.
Les problèmes, vous les connaissez: Dans un contexte économique défavorisant les couches sociales les plus basses, une injustice sociale continuellement aggravée depuis 10 ans, certaines personnes ne s'en sortent pas, sont sans emploi, ou accumulent les petits boulots mal rémunérés et peinent à donner à leur enfant une éducation, à laquelle ils aspirent pourtant, ils se demandent quelles valeurs leurs transmettre, et angoissent quant à l'avenir de leurs enfants.

Que faire au niveau de notre ville? Comment agir rapidement et durablement?
Il faut amener ces jeunes à réintégrer notre société (et non pas les en expulser comme le système de vidéosurveillance pousse à le faire: nous ne pouvons envisager cette vision Sarkosyste de la politique) et donc réussir à négocier avec eux une voie de sortie. Qu'attendent-ils? C'est cela qu'il faut découvrir? Que veulent-ils? Respect? Travail? Aide? En le découvrant nous serons capables de leur proposer ce contrat, ce pacte de sérénité mutuelle entre vanvéens. Ceux qui, lors de la réunion, proposaient de créer une dynamique de rencontre ne s'y sont pas trompés. Ces jeunes en manque de modèle, d'adultes référents, en quête de devenir, c'est de notre exigence dont ils ont besoins. Montrons leur que nous les voyons, que nous les considérons, que nous espérons d'eux. Imposons-nous sur ce terrain, c'est celui qui donnera le plus de succès. Devenons les modèles de ces jeunes. Montrons l'exemple.
Dialoguer, tout le monde ne peut pas le faire. L'exemple, tout le monde peut le montrer. (car tous nos citoyens n'agissent pas en respect total de la communauté: stationnement sur les trottoirs, mégots de cigarettes jetés, défections canines, code de la route, politesse...)

Dans cette optique, il me semble que les investissements sur le local d'accueil des jeunes, les éducateurs, animateurs, psychologues, le soutien scolaire, l’aide à la parentalité qualifiée, et les relais par les groupes de citoyens volontaires pour rencontrer et discuter avec ces jeunes sont des priorités sur lesquels il faut investir massivement et promptement. Ces investissements sont ceux qui le plus rapidement et le plus durablement seront solutions à nos problèmes.

Voici quel était le sens de mon intervention, largement censurée par M. Gauducheau, qui malgré les apparences affichées ne respecte ni la parole de ces concitoyens, ni la liberté de pensée de tous. Je ne pense pas que s’interroger sur le calendrier de mise en place d’un projet aussi important soit indécent, surtout lorsque l’on fait face à une demande aussi pressante de nos concitoyens.


Cyrille CORMIER
Désirs d’Avenir Vanves
Parti Socialiste

lundi, 25 septembre 2006

Prévention de la délinquance : un projet inutile et dangereux

Communiqué du 22 septembre 2006, de la FNESR, (Féderation Nationale des Elus Socialistes et Republicains).


Les élus socialistes et républicains affirment leur opposition au projet de loi sur la prévention de la délinquance proposé par Nicolas Sarkozy, rappelant l’intérêt porté d’abord à la protection de l’enfance.

En élargissant les pouvoirs du maire en matière de prévention et de sécurité, le Ministre de l’Intérieur fait un cadeau empoisonné aux élus locaux et commet une nouvelle dérive dans l’exercice de ses responsabilités :

Dérive eu égard à la fonction de maire et à son rapport au citoyen : fondée aujourd’hui sur la confiance et le dialogue, cette relation serait substantiellement modifiée par la loi Sarkozy. Compte tenu des injonctions qu’il incomberait au maire de porter, elle introduirait inévitablement de la suspicion à l’encontre de cet élu.

Dérive eu égard aux libertés publiques, par la multiplication des fichiers à données confidentielles et par leur gestion confiée aux élus territoriaux, dont ce n’est ni le rôle, ni la responsabilité .

Dérive enfin dans la répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités locales : premier maillon de fait de la chaîne pénale, le maire se voit affublé de responsabilités qui ressortent à l’évidence de la police et de la justice, domaines régaliens par excellence de l’Etat. Les élus socialistes et républicains n’accepteront pas de devenir des « shérifs ».

Atteinte aux libertés publiques, à la fonction de l’élu, aux responsabilités de l’Etat : cette loi, si elle était adoptée, serait un mauvais coup porté à la démocratie. Elle vise à stigmatiser une jeunesse qui ne demande que confiance et compréhension.

Nous ne sommes pas dupes : le ministre de l’Intérieur vise par cette loi à masquer son échec en matière de sécurité. Alors que les chiffres de la délinquance sont à la hausse, M. Sarkozy, veut, avant les échéances électorales, se décharger sur les élus locaux des problèmes qu’il n’a pas su résoudre. Pour le champion du sécuritaire, l’heure est à la défausse.

Comme élus socialistes et républicains, nous réaffirmons la nécessité d’une intervention déterminée de l’Etat en matière de prévention et de sécurité. Nous préconisons une présence accrue des services de l’Etat notamment dans les territoires qui en ont le plus besoin : services de police et de justice, services de prévention, des moyens substantiels pour l’école et les services publics. Il faut en finir avec ces inégalités par lesquelles les quartiers les plus pauvres sont chaque fois plus démunis et plus exposés.

Nous avons la détermination d’opposer aux coups portés à l’esprit de la décentralisation le sens d’un véritable partenariat entre l’Etat et les collectivités, fondé sur le respect mutuel des compétences et des responsabilités de chacun. C’est la condition de l’approfondissement de la démocratie territoriale et de l’instauration d’une véritable sécurité fondée sur la justice.