Lettre d'un militant socialiste à ses camarades.
Comme nous le signalait avec justesse un ami socialiste, porte-parole de Laurent Fabius, dans un lettre aux militants, les informations abondent et certaines effectivement en dessous de la ceinture.
M’en étant ému aux premiers instants de la campagne de désignation, en tant que jeune loup débutant au PS, on m’avais dit : « tu verras, c’est comme ça, ça a toujours été comme cela et ça sera bien pire dans les semaines précédant la désignation».
Le Diable dans la maison.
Soit. J’en ai pris acte, pas franchement satisfait de savoir que les divergences de point de vue au sein d’une même famille politique pouvaient conduire à un tel radicalisme et une telle véhémence de la part de certains.
A croire qu’en se promenant dans la maison socialiste, on y a vu le diable en personne, prendre ses aises. Oh, dans ce cas, il certain que le besoin d’exorcisme a du naître, mais ce diable, ce pourrait-il finalement, qu’il ne soit qu’un diable virtuel, une image projeté, une vue de l’esprit, mirage des peurs profondes face à un réformisme politique que peu des « ténors » historiques du PS ont vu venir, et avec lequel ils se sentent malhabiles ?
Ne s’y sentant pas à l’aise, pas pertinent, pas en phase, l’idée de se retrouver « ténor léger », donnant moins de voix, ou étant moins entendu, ne provoquerait elle pas une peur panique ? Peur poussant au rejet radical, complet, entier, au dégoût, puis au déni et enfin au blocage ? Et cela ne pourrait-il pas conduire ces mêmes ténors et leurs plus ardents défenseurs à s’aveugler de leurs passions ? La peur est parfois un redoutable ennemi de la réalité.
De la Suite.
Alors la question qui se poserait, et malheureusement qui semble se poser déjà, serait : Quel signal d’unité, cette minorité de passionnés, pensent-ils être capable d’envoyer au sein du parti? Leur soutien sera-t-il encore crédible dans l’hypothèse d’une désignation de la candidate Royal? Ceux qui ont crus bon jouer au punching-ball avec elle, ses idées et ses sympathisants entrevoient-ils un lendemain dans le cas de la désignation de notre candidate ?
Ces questions, ne sont pas relatives aux idées, au débat interne socialiste. Elles ne sont pas triviales et souffriraient d’une réponse « chasse d’eau » : simplement oui, simplement non.
Elle pose la question de la suite. De la campagne présidentielle, de l’avenir du PS, qui renouvelé pour plus de la moitié, pourrait perdre des soutiens récents après une campagne interne qui serait trop violente, trop agressive, et surtout pendant laquelle les réactions et positions de certains, trop radicales, inscriraient le doute dans l’esprit de beaucoup de militant quand à la volonté de travailler ensemble.
C’est pourquoi, nous, sympathisants et soutiens de Ségolène Royal, nous désirons continuer sur notre ligne. Parler des idées, les rétablir lorsqu’elle sont déformées, travesties, mais nous n’avons jamais cru bon de polémiquer agressivement avec les sympathisants des autres candidats. Nous ne pensons pas devoir entacher la respectabilité de ceux-ci. Nous les respectons, tous, et notre volonté d’unité, quoi qu’il arrive, est plus grande que jamais, tant l’enjeu dépasse largement l’endroit des chapelles politiques. Sans unité au sein du parti, sans ce message crédible donné à l’extérieur, nous sera-t-il possible de convaincre les français ? Nous ouvriront-ils seulement leur porte ?
De l'espoir.
Cependant, j’ai confiance. J’ai confiance en la capacité de chacun de progresser. Tout le monde est capable, après s’être trouvé emporter par le vent des passions qui ne sont pas toujours les siennes, de trouver les moyens du réconfort, de la compréhension, de l’assimilation et de la projection dans un référentiel nouveau.
De nos enjeux.
C’est face à la droite que nous devrons nous révolter.
C’est avec les français que nous avons rendez-vous en 2007, c’est chez eux que devra se passer la campagne, et nous auront besoin de chacune des forces militantes de notre parti pour les convaincre que ce dont ils ont besoin, est le projet du parti socialiste. Et pour cela nous ne pouvons nous permettre d’hypothéquer nos forces sur la base d’une lutte de pouvoir interne qui risquerait de mal se terminer ; pour la parti.