lundi, 28 mai 2007

M. Strauss-Kahn envisage de soutenir certains candidats du MoDem au deuxième tour des législatives

Les dernières déclarations de Dominique Strauss-Khan risquent encore de faire grincer des dents au sein du Parti socialiste. Lors d'une rencontre avec des militants de la 13e circonscription du Rhône, lundi 28 mai, le député du Val-d'Oise a en effet indiqué qu'il n'avait "pas d'hostilité de principe à un éventuel soutien à certains candidats du MoDem" au deuxième tour des législatives, dans les circonscriptions où la gauche a été éliminée, "pour battre Nicolas Sarkozy".
Estimant "raisonnable de penser que la gauche ne sera pas majoritaire à l'Assemblée nationale" à l'issue du prochain scrutin législatif, il a souligné que "pour gagner les élections qui suivent, il faut que le PS ait été capable de réfléchir sur lui-même". "Il ne s'agit pas d'abandonner nos valeurs mais de les adapter, les faire vivre dans un monde qui a changé, avec une mondialisation dont tout le monde est conscient, et sur laquelle nous n'avons pas eu de réponse assez claires lors de la campagne présidentielle", a-t-il déclaré.

"Pour mener ce débat sereinement, il faut qu'on ait subi une défaite pas trop cuisante aux élections législatives", a expliqué M. Strauss-Kahn, venu soutenir Martine David (PS), député sortante de cette circonscription de la banlieue Est de Lyon, où Nicolas Sarkozy est arrivé en tête le 6 mai.

 Le monde.fr

vendredi, 04 mai 2007

Derniers tours de piste pour Royal et Sarkozy

Nicolas Sarkozy était accompagné de Jean-Louis Borloo et Bernadette Chirac. Sur la tribune, avec Ségolène Royal, Pierre Mauroy et Dominique Strauss-Kahn.montage lefigaro.fr

Nicolas Sarkozy était accompagné de Jean-Louis Borloo et Bernadette Chirac. Sur la tribune, avec Ségolène Royal, Pierre Mauroy et Dominique Strauss-Kahn.
montage lefigaro.fr

Comme un symbole, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal tenaient jeudi soir leurs derniers grands meetings aux deux extrémités de l’Hexagone. A Lille, dans le Nord, devant 20.000 personnes, la candidate socialiste a appelé ses partisans à « se mobiliser » jusqu'à dimanche et a dit sentir que « la victoire est à portée de main ». Fréquemment interrompue par de bruyants « Ségolène présidente », elle a parlé d' « une vague qui continue à monter et qui doit monter ». 

"Nous avons les valeurs républicaines profondément chevillées au corps, nous n'acceptons pas de faire acclamer dans des réunions publiques des mots qui n'ont rien à voir avec la République, tels 'kärcher, liquider, reformater'", a-t-elle martelé à la tribune. Des mots évoqués lors du meeting de Nicolas Sarkozy, dimanche dernier à Bercy.

Nicolas Sarkozy, quant à lui, a déclaré à Montpellier, dans l’Hérault, qu’il restait « deux jours pour dire adieu à l'héritage de Mai 68, deux jours pour renoncer au renoncement ». Dans une allusion au débat télévisé de la veille, il a enfin enjoint son adversaire à « ne jamais confondre la politique avec la guerre ». Il s’exprimait devant une assistance de 15.000 supporters, dans laquelle figurait notamment Bernadette Chirac. « Deux jours, Mme Chirac, pour vous dire merci de votre amitié, de votre présence », a ajouté le candidat UMP.

lundi, 30 avril 2007

Dominique Strauss-Kahn réagit au propos de Nicolas Sarkozy

Je n'aimerais pas une société qui soit le contraire des idéaux de Mai 68.

Dominique Strauss Kahn revient sur les propos de Nicolas Sarkozy.
"Je n'aimerais pas une société qui soit le contraire des idéaux de Mai 68. Il n'y a aucune raison que nous soyons honteux de 1968. Je ne renie pas ces valeurs, même si évidemment c'était souvent un peu loufoque".

"Ces événements ont existé un peu partout dans le monde, aux Etats-Unis et partout en Europe, ça a été une sorte d'émergence de la jeunesse faisant valoir des valeurs nouvelles de liberté, d'affranchissement, de volonté, de solidarité, de joie et de projection dans l'avenir et de bonheur".

Dominique Strauss-Kahn salue les réformes entreprises après ces événements notamment par des "personnes de droite comme Simone Veil, le remboursement de l'IVG, c'est le produit de 68", ajoutant que "les vingt ans qui ont suivi ont été inspirés dans la musique, dans les arts, dans la réflexion politique par Mai 68".

"La seule liberté que Sarkozy aime, c'est la liberté économique, la liberté du plus fort qui écrase le plus faible. La liberté qui s'exprime par la créativité, la liberté que traduit la jeunesse quand elle veut changer les choses, ça a toujours été une question pour Nicolas Sarkozy".

Lors de son meeting dimanche à Bercy, le candidat UMP à l'élection présidentielle s'est livré à une attaque en règle contre les héritiers de Mai 68 dont fait partie selon lui la gauche, les accusant d'avoir détruit les valeurs et la hiérarchie et se demandant si cet héritage "doit être liquidé une bonne fois pour toute".

Dernière Minute:

"C'est un homme talentueux et imaginatif, il pourrait être un très bon Premier ministre si tel est mon choix", déclare la candidate socialiste.

Dominique Strauss-Kahn avec Ségolène Royal, le 9 février

Dominique Strauss-Kahn avec Ségolène Royal, le 9 février

(c) Reuters

 

Ségolène Royal a déclaré lundi 30 avril au quotidien Le Monde que Dominique Strauss-Kahn "pourrait être un très bon Premier ministre, si tel est mon choix".
"Dominique est présent à mes côtés, à sa demande, et je m'en félicite, c'est un homme talentueux et imaginatif, il pourrait être un très bon Premier ministre si tel est mon choix", a affirmé la candidate socialiste à la présidentielle.
Interrogée sur un éventuel "rapprochement de ligne" avec Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal répond: "La seule ligne aujourd'hui, c'est le pacte présidentiel. Ma volonté, c'est de rassembler tous les talents autour de ce pacte".

Prise en compte du score de Bayrou
Revenant sur son débat, de samedi dernier, avec François Bayrou, la candidate socialiste affirme : "C'est la démocratie qui en a tiré un bénéfice. C'est cohérent avec ce que je suis, ma façon différente de faire de la politique, le constat que j'avais fait de la crise démocratique, le score de François Bayrou, les messages qu'ont envoyés ses électeurs."

Entretien de Royal au Monde

Pensez-vous que le débat avec François Bayrou a été bénéfique pour vous ?

C'est la démocratie qui en a tiré un bénéfice. C'est un événement inédit dans l'histoire politique française qu'un candidat placé au second tour de l'élection présidentielle propose un débat avec un candidat qui n'a pas été retenu au premier tour. J'ai pris cette initiative parce que cela correspond à l'idée que je me fais de la politique. C'est cohérent avec ce que je suis, ma façon différente de faire de la politique, le constat que j'avais fait de la crise démocratique, le score de François Bayrou, les messages qu'ont envoyés ses électeurs. J'ai retenu du premier tour une confirmation de ce que j'ai entendu dans les débats participatifs : les Français ont envie que la vie politique se rénove en profondeur et que l'on puisse dépasser les antagonismes bloc contre bloc.

Le débat l'a montré. Une douzaine de fois, François Bayrou a manifesté son accord avec ce que je disais. Sans renoncer à la confrontation principale entre la droite et la gauche, il y a quelque chose à inventer, j'ai senti que le moment était venu. La politique a un besoin profond de rénovation. J'ai donné un contenu et une preuve à cette rénovation.

[...]

Vous aviez été en concurrence avec Dominique Strauss-Kahn. Il a été très absent dans votre campagne du premier tour, et puis là il est très présent. La photo de votre déjeuner en tête à tête, c'est celle de Mitterrand-Rocard en 1988 ?

Dominique est présent à mes côtés à sa demande et je m'en félicite. C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon premier ministre, si tel est mon choix.

Arlette Laguiller se détermine pour la première fois pour le candidat socialiste depuis 1981. Que lui dites-vous ?

La question de la protection de la dignité des travailleurs est centrale. C'est un beau combat qui a le mérite d'être désintéressé. Elle est populaire et estimée. J'ai cité son nom en meeting et elle a été acclamée. Les personnalités qui sont cohérentes, qui ont un idéal principal et ne lâchent pas, sont très attachantes. Je ne la voyais pas pour lui demander quoi que ce soit. Juste pour le plaisir de la rencontrer, de la remercier.  Je veux une France rassemblée et pas les Français dressés les uns contre les autres. Je veux être présidente d'une France apaisée et énergique.

Quand vous parlez du "bout de chemin" que vous allez faire ensemble avec François Bayrou, ce chemin va jusqu'où ? Jusqu'au second tour, au-delà des législatives?

Il faut respecter les étapes. Maintenant, c'est à François Bayrou de se définir. Il a dit qu'il attendait le débat mercredi pour se déterminer. Et s'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi.

Lire l'intégralité de l'entretien sur Le Monde.fr

samedi, 28 avril 2007

Ségolène Royal, DSK et Prodi, à Lyon hier soir

"Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie. Voilà la rénovation politique que je vous propose"

 "La politique peut et doit encore beaucoup et, de jour en jour, je me sens de plus en plus prête à assumer la présidence de cette France présidente et c'est pour cela que je vous demande de me faire confiance".

"Je pense de plus en plus à François Mitterrand et à ce 10 mai 1981, et je crois que le profond désir d'alternance est aussi fort, aussi puissant et nous avons le devoir de le réussir et je sais qu'avec vous, cette réussite, cette victoire, elle devient ce soir possible. Je me bats avec vous pour gagner et cette victoire, nous allons l'arracher ensemble".

Ségolène Royal réitère son appel au rassemblement devant 15 000 personnes :"Je tends aujourd'hui la main pour un vaste rassemblement des républicains de progrès". "J'appelle tous ces hommes et toutes ces femmes à venir soulever la vague de la victoire qui permettra à la France de changer". "Rejoignez-moi!"

Elle estime qu'"à l'approche de ce second tour, on voit que les choses se simplifient, que les messages se clarifient". "Vous allez avoir le choix entre le candidat soutenu par Berlusconi d'un côté, et la candidate soutenue par Zapatero et par Romano Prodi. Voilà le choix qui est devant vous".

"Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie. Voilà la rénovation politique que je vous propose". "Elle est possible". Il s'agit d'une "démarche nouvelle" et "surprenante pour quelques-uns, qui nous demande des efforts aux uns et aux autres pour sortir des dogmes, des idées préconçues ou des camps qui s'affrontent".

S'adressant à "la gauche", aux "écologistes" et "au-delà", Ségolène Royal appelle à faire bloc autour d'elle ."Je suis convaincue que nous devons nous rassembler dès lors que nous considérons que les valeurs de paix civile et d'harmonie sociale nous sont communes, même s'il reste ici ou là quelques divergences". Elle évoque également des idées communes à la gauche et au centre sur la dette, le déficit des comptes sociaux ou l'éducation. "Je crois pouvoir rassembler".

Un message qui s'adresse "à tous ceux qui pensent qu'on peut réformer la France sans brutalité", "que l'on peut protéger les exclus tout en étant compétitif sur le plan économique", "que trop de violence latente et contenue risque de se déployer demain dans nos territoires et dans nos quartiers". "A tous ceux qui refusent ces fatalités, et partagent ces valeurs, je les appelle à converger massivement pour que la France puisse réaliser ce changement le 6 mai prochain".

"Je ne me pose pas tous les quatre matins, comme le fait le candidat de l'UMP, en victime". "L'élection présidentielle ne se joue pas sur une victimisation, ou alors il faut faire autre chose. Je pense qu'il faut accepter à ce niveau de responsabilité la force des engagements, la force de la confrontation et l'échange d'idées" et "cesser de se présenter comme une éternelle victime".

"C'est assez drôle, car il n'en a pas vraiment le rôle quand je vois la somme des attaques, des mots violents, des mots de mépris qu'il a pour François Bayrou", ajoute la candidate socialiste.

Ségolène Royal souligne avoir "pris beaucoup de coups dans cette campagne". "Quand on fait le florilège des attaques qu'il fait sur moi dans ses meetings, on en remplirait tout un roman", "J'ai choisi de les ignorer et de ne pas y répondre". "Jamais vous ne me verrez me mettre en position de victime. Je ne suis pas une faible victime, je ne suis pas une faible femme. Je suis, comme disent les Antillais, une femme debout, je suis une femme solide, je suis une combattante! Je vais vous conduire à la victoire. Je sais qu'elle est possible, qu'elle est à portée de main. Elle dépend de nous".

"Nous devons gagner, nous pouvons gagner, nous allons gagner."

Dominique Strauss Kahn en meeting avec Ségolène Royal à Lyon.
Dominique Strauss Kahn refuse la "mini-Europe" du candidat UMP, la "mini-France" et le "mini-traité proposé sans doute par un mini-candidat", devant 15.000 personnes réunies, au parc Eurexpo près de Lyon.

"Avec Nicolas Sarkozy, ce sera la société du libéralisme et du corset". La France de Ségolène Royal sera une "société démocratique, ouverte". "Aujourd'hui, quand on est démocrate ou de gauche, on vote Ségolène Royal !".

Dominique Strauss-Kahn dénonce le "débauchage des parlementaires centristes" et les "menaces contre les médias" qu'il impute à Nicolas Sarkozy. "Un Sarkozy président, ce sont les libertés en cause! ".

"Dans la société de Nicolas Sarkozy, il y aura des gagnants, mais il y aura aussi beaucoup de perdants. Ce sera la société du gagnant-perdant, alors que Ségolène Royal vous propose la société du gagnant-gagnant! "

"Nous devons gagner, nous pouvons gagner, nous allons gagner ". Il désire "gagner" pour les "opprimés au travail", "pour ceux qui sont dans les cités", "pour les patients qui ont besoin de solidarité" et "pour ceux qui cherchent un travail".

"Alors nous allons gagner", "Ségolène Royal saura rassembler. Je la soutiens de toute ma force!".

mercredi, 25 avril 2007

DSK évoque "une occasion historique de changer la donne"

Dominique Strauss-Kahn lors d'un meeting de soutien à Ségolène Royal, le 16 avril 2007 à Cayenne, en Guyane. | AFP/JODY AMIET 
Dominique Strauss-Kahn lors d'un meeting de soutien à Ségolène Royal, le 16 avril 2007 à Cayenne, en Guyane.

Dominique Strauss-Kahn a souhaité, mercredi 25 avril, que Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (UDF) puissent "se parler". "S'il y a des convergences, je ne voudrais pas que mon pays perde cette occasion historique de faire que la donne change. Elle est dans les mains de tous", a-t-il estimé sur Europe 1. Selon l'ancien ministre socialiste, "il ne faudrait pas que simplement parce qu'on ne s'est pas assez parlé, parce qu'on n'a pas voulu se parler, on reste dans la bonne vieille politique traditionnelle où le centre va aller suivre la droite comme il l'a toujours fait".

Le député du Val-d'Oise, qui devait déjeuner mercredi avec la candidate socialiste, a estimé "possible de construire quelque chose de large dans lequel se retrouvent des gens assez différents". Selon lui,"François Bayrou, qui a soutenu Romano Prodi contre Berlusconi [lors des législatives italiennes], doit très logiquement aujourd'hui avoir la même démarche vis-à-vis de Nicolas Sarkozy".

"RENVERSER LA TABLE"
L'ancien ministre, qui appelle à bâtir "la maison du renouveau" et à sortir du "vieux clivage d'hier", a rappelé qu'avant le premier tour, le candidat centriste avait déclaré que son projet était "compatible avec celui de Ségolène Royal, pas avec celui de Nicolas Sarkozy". Après la main tendue par Ségolène Royal, proposant une participation de l'UDF au gouvernement, Dominique Strauss-Kahn a observé que "des ministres d'ouverture, il y en a toujours eu dans les gouvernements de gauche", en faisant référence aux personnalités centristes qui avaient rejoint François Mitterrand en 1988, dans le gouvernement de Michel Rocard.

"François Bayrou doit se poser la question de savoir si son ambition politique de changer la France, la vie politique française, il peut mieux l'accomplir en continuant comme avant, à côté de l'UMP et souvent derrière, ou en renversant la table en faisant une nouvelle donne", a expliqué DSK, en récusant l'idée "d'un arrangement, d'une négociation". Toutefois, selon lui, le candidat centriste, qui doit exprimer ses intentions lors d'une conférence de presse mercredi après-midi, "ne dira ni oui ni non".
D'après Le Monde

mercredi, 18 avril 2007

Interventionde DSK

"Un premier ministre, sous la Ve République, c'est quelqu'un qui a une majorité. Donc, s'il n'y a pas de majorité socialiste à l'Assemblée nationale, il n'y a pas de premier ministre socialiste", a estimé Dominique Strauss-Kahn, lors du point de presse quotidien du PS, mercredi 18 avril. On lui demandait s'il accepterait de devenir le premier ministre du candidat UDF à la présidentielle, comme l'avait suggéré indirectement M. Bayrou la veille. Dominique Strauss-Kahn a indiqué n'avoir "aucun contact avec François Bayrou". "Et je ne souhaite pas en avoir", a-t-il ajouté.

Mardi à Lille, François Bayrou a affirmé être "le seul qui puisse faire travailler ensemble" des personnalités comme Dominique Strauss-Kahn et l'UMP Jean-Louis Borloo. "C'est flatteur et gentil de sa part, une fois, qu'il me trouve quelques qualités, a estimé M. Strauss-Kahn, ça devient un peu ridicule lorsqu'à répétition sa campagne consiste à s'approprier des hommes dont la ligne politique n'a jamais été la même que la sienne"

"UN PERTURBATEUR"

Le socialiste a durci le ton "un perturbateur qui fait des commentaires que je réprouve"."Je voudrais que François Bayrou soit assez aimable pour finir la campagne de premier tour en parlant de ses propositions et en ne me mettant pas en scène dans ce qu'il entend entreprendre", a-t-il insisté.

"S'il est juste de vouloir organiser au second tour, lorsqu'il opposera Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy, un front anti-Sarkozy (...) auquel tous seront bienvenus. Cela n'a rien à voir avec un problème d'alliance entre l'UDF et le PS", a-t-il jugé, alors que les socialistes Michel Rocard et Bernard Kouchner ont prôné une telle alliance. "Quand on est à gauche, on vote à gauche", a-t-il conclu.

jeudi, 08 mars 2007

La vérité sur EADS, par Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn.

Tribune publiée dans Le Monde.

La crise que traverse Airbus constitue un enjeu majeur pour l'Europe et pour la France. C'est vrai du point de vue industriel comme du point de vue social, territorial et même symbolique. C'est pourquoi Ségolène Royal a eu raison de prendre l'initiative en lançant, dès le 3 mars, un débat public sur l'avenir d'Airbus. De même, était-il opportun d'aller discuter avec Angela Merkel, notre partenaire allemand.

Nicolas Sarkozy s'évertue, lui, à obscurcir le débat. Il a changé de position sur le rôle de l'Etat, prônant d'abord son désengagement, acceptant ensuite son intervention. Il a aussi tenté de se décharger de ses responsabilités, mettant en cause, avec son collègue ministre des finances Thierry Breton, pour seule explication de la crise actuelle le "pacte d'actionnaires" à l'origine de la création d'EADS.

La déformation de la réalité devenant insupportable, et ayant été dans nos fonctions gouvernementales à l'origine de la création d'EADS, nous voulons rétablir la vérité. En 1999, la question qui était posée était de savoir s'il fallait ou non faire EADS. Nous avons considéré que tel était l'intérêt stratégique de la France et de l'Europe. Pourquoi ? Parce que la dispersion et la division de l'industrie aéronautique étaient telles que nous encourrions le risque de sa marginalisation, voire, à terme, de sa disparition.

Il a donc fallu rassembler. Rassembler le public et le privé. Rassembler la France et l'Allemagne, mais aussi le Royaume-Uni et l'Espagne. Et pour ce faire, il a fallu rassurer, notamment nos partenaires allemands qui imaginaient mal participer à un ensemble où l'Etat français serait présent. Ils ont fini par l'accepter. Tel était l'objet du "pacte d'actionnaires", qui instaurait un équilibre entre les différentes parties, que la majorité d'alors, mais aussi le président Jacques Chirac et l'opposition de l'époque ont approuvé, et sans lequel il n'y aurait tout simplement jamais eu d'EADS ni évidemment, dans ces conditions, d'A380.

Par contre, on peut légitimement se demander si, depuis 2002, l'Etat a correctement rempli le rôle d'actionnaire qui est le sien. La réponse est non, et même doublement non : il n'a pas fait ce qu'il devait faire et il a fait ce qu'il ne devait pas faire. D'abord, l'Etat n'a pas exercé sa mission de contrôle. Il est resté inerte face aux erreurs de gestion - les retards de l'A380, les difficultés de l'A350. La responsabilité du pouvoir est lourde.

Ensuite, et c'est sans doute pire encore, l'Etat a contribué à déstabiliser le groupe. Au plus haut niveau de l'Etat, on a alimenté une guerre franco-française entre les dirigeants d'Airbus et d'EADS, contre l'avis même du groupe Lagardère. On en paie aujourd'hui la facture.

On nous dit que le pacte d'actionnaires initial ne pouvait durer toujours. Sans doute ! Et ce n'est pas une grande découverte. Mais alors pourquoi, en cinq ans, les gouvernements de droite successifs n'ont-ils pas entrepris de modifier ce pacte que le candidat de l'UMP fustige aujourd'hui ?

Incapable dans le contrôle de la gestion courante, immobile dans la stratégie, seulement préoccupée de questions de personnes, sans parler des scandaleuses stock-options, la majorité sortante n'a pas servi l'intérêt de la France.

Aujourd'hui un plan de redressement est nécessaire. Mais il faut qu'il soit remis à plat et discuté dans un dialogue franc avec les organisations syndicales.

Et demain ? Rien ne se fera sans une grande négociation, et d'abord entre Français et Allemands, car il faut, bien sûr, faire évoluer la question de l'actionnariat. C'est vrai de l'actionnariat public, au centre des débats de ces derniers jours. Mais il existe aussi, et peut-être même d'abord, une crise de l'actionnariat privé qu'il est urgent de résoudre, soit par un réengagement des actionnaires actuels, soit par l'arrivée de nouveaux actionnaires.

Evidemment, il faudra aussi régler la question de la direction de l'entreprise. Le montage bicéphale, indispensable pour commencer, n'a sans doute pas vocation à durer. Encore faut-il créer les conditions pour en sortir. Cela passe par une relation de confiance à rebâtir entre tous les acteurs.

Le bilan est simple. La gauche a fait EADS. Depuis 2002, la droite n'a rien fait avancer. Ce sera à la gauche, demain, de veiller à ce grand projet européen pour relancer une magnifique industrie et recréer des emplois. Tel est aussi l'un des enjeux du scrutin présidentiel.



samedi, 11 novembre 2006

Echos de campagne.

Lettre d'un militant socialiste à ses camarades.

Comme nous le signalait avec justesse un ami socialiste, porte-parole de Laurent Fabius, dans un lettre aux militants, les informations abondent et certaines effectivement en dessous de la ceinture.
M’en étant ému aux premiers instants de la campagne de désignation, en tant que jeune loup débutant au PS, on m’avais dit : « tu verras, c’est comme ça, ça a toujours été comme cela et ça sera bien pire dans les semaines précédant la désignation».

Le Diable dans la maison.
Soit. J’en ai pris acte, pas franchement satisfait de savoir que les divergences de point de vue au sein d’une même famille politique pouvaient conduire à un tel radicalisme et une telle véhémence de la part de certains.
A croire qu’en se promenant dans la maison socialiste, on y a vu le diable en personne, prendre ses aises. Oh, dans ce cas, il certain que le besoin d’exorcisme a du naître, mais ce diable, ce pourrait-il finalement, qu’il ne soit qu’un diable virtuel, une image projeté, une vue de l’esprit, mirage des peurs profondes face à un réformisme politique que peu des « ténors » historiques du PS ont vu venir, et avec lequel ils se sentent malhabiles ?
Ne s’y sentant pas à l’aise, pas pertinent, pas en phase, l’idée de se retrouver « ténor léger », donnant moins de voix, ou étant moins entendu, ne provoquerait elle pas une peur panique ? Peur poussant au rejet radical, complet, entier, au dégoût, puis au déni et enfin au blocage ? Et cela ne pourrait-il pas conduire ces mêmes ténors et leurs plus ardents défenseurs à s’aveugler de leurs passions ? La peur est parfois un redoutable ennemi de la réalité.

De la Suite.
Alors la question qui se poserait, et malheureusement qui semble se poser déjà, serait : Quel signal d’unité, cette minorité de passionnés, pensent-ils être capable d’envoyer au sein du parti? Leur soutien sera-t-il encore crédible dans l’hypothèse d’une désignation de la candidate Royal? Ceux qui ont crus bon jouer au punching-ball avec elle, ses idées et ses sympathisants entrevoient-ils un lendemain dans le cas de la désignation de notre candidate ?

Ces questions, ne sont pas relatives aux idées, au débat interne socialiste. Elles ne sont pas triviales et souffriraient d’une réponse « chasse d’eau » : simplement oui, simplement non.
Elle pose la question de la suite. De la campagne présidentielle, de l’avenir du PS, qui renouvelé pour plus de la moitié, pourrait perdre des soutiens récents après une campagne interne qui serait trop violente, trop agressive, et surtout pendant laquelle les réactions et positions de certains, trop radicales, inscriraient le doute dans l’esprit de beaucoup de militant quand à la volonté de travailler ensemble.

C’est pourquoi, nous, sympathisants et soutiens de Ségolène Royal, nous désirons continuer sur notre ligne. Parler des idées, les rétablir lorsqu’elle sont déformées, travesties, mais nous n’avons jamais cru bon de polémiquer agressivement avec les sympathisants des autres candidats. Nous ne pensons pas devoir entacher la respectabilité de ceux-ci. Nous les respectons, tous, et notre volonté d’unité, quoi qu’il arrive, est plus grande que jamais, tant l’enjeu dépasse largement l’endroit des chapelles politiques. Sans unité au sein du parti, sans ce message crédible donné à l’extérieur, nous sera-t-il possible de convaincre les français ? Nous ouvriront-ils seulement leur porte ?

De l'espoir.
Cependant, j’ai confiance. J’ai confiance en la capacité de chacun de progresser. Tout le monde est capable, après s’être trouvé emporter par le vent des passions qui ne sont pas toujours les siennes, de trouver les moyens du réconfort, de la compréhension, de l’assimilation et de la projection dans un référentiel nouveau.

De nos enjeux.
C’est face à la droite que nous devrons nous révolter.
C’est avec les français que nous avons rendez-vous en 2007, c’est chez eux que devra se passer la campagne, et nous auront besoin de chacune des forces militantes de notre parti pour les convaincre que ce dont ils ont besoin, est le projet du parti socialiste. Et pour cela nous ne pouvons nous permettre d’hypothéquer nos forces sur la base d’une lutte de pouvoir interne qui risquerait de mal se terminer ; pour la parti.


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