samedi, 10 mars 2007

Brèves de campagnes

Nicolas Sarkozy suit le Medef
(Source : Marianne.fr 6 09/03/07)

Nicolas Sarkozy s'est prononcé lundi pour une rupture du contrat de travail « par consentement mutuel » entre salariés et employeurs. Cette idée est une proposition du Medef, que Laurence Parisot nomme la « séparabilité ». Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a reproché au candidat UMP de reprendre « mot pour mot » la revendication de l'organisation patronale. « L'expérience syndicale montre que le rapport patron/salarié n'est pas un rapport d'égal à égal mais un rapport de subordination », estime Bernard Thibault.

Et flirte avec Le Pen...
La promesse d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale", jeudi soir sur France 2 a provoqué une vive réaction de la Ligue des Droits de l'Homme. "Nous sommes absolument scandalisés par cette référence qui constitue un appel de pied supplémentaire à l'extrême droite de la part de M. Sarkozy, décidément très désireux de récupérer ces voix", a déclaré Jean-Pierre Dubois, le président de la Ligue des droits de l'Homme, interrogé par l'AFP.
"Je me demande jusqu'où ira cette dérive, cette ethnisation de la politique, cette intention affichée de trier les bons et les mauvais Français, les étrangers acceptables et les autres", a-t-il ajouté.
"L'association entre immigration et identité nationale suggère, comme le martèle M. Le Pen depuis 15 ans, que les immigrés menacent l'identité nationale. C'est la marque éclatante de la lepénisation des esprits dont Nicolas Sarkozy est l'un des principaux artisans", a ajouté Jean-Pierre Dubois.

ISF : Nicolas Sarkozy pique une colère contre Libération
(Source : NOUVELOBS.COM - 09.03.2007)

Le candidat UMP à la présidentielle aurait appelé l'actionnaire majoritaire du quotidien pour lui dire son mécontentement après la Une du 1er mars titrée : "Impôt sur la fortune de Sarkozy : le soupçon".
Selon une source interne à la rédaction en chef de Libération, confirmant une information du site internet de L'Express, Nicolas Sarkozy aurait téléphoné à Edouard de Rothschild, pour lui faire part de son mécontentement après la Une de Libération le 1er mars.
Le quotidien, revenant sur les informations du Canard Enchaîné sur la déclaration d'ISF de Nicolas Sarkozy, titrait ainsi: "Impôt sur la fortune de Sarkozy : le soupçon". Le candidat UMP à la présidentielle aurait pris son téléphone pour dire directement à Edouard de Rothschild, actionnaire majoritaire du quotidien ce qu'il pensait du journal, le qualifiant de "sectaire de gauche".

Nicolas Sarkozy aurait expliqué que "cela empêcherait sans doute le quotidien de trouver des gens pour le financer". Contactée par nouvelobs.com, une source interne à la rédaction en chef, qui souhaite garder l'anonymat, indique que le PDG, Laurent Joffrin, aurait confirmé l'information en conférence de rédaction mercredi 7 mars.
L'échange entre Edouard de Rotschild et Nicolas Sarkozy aurait été "musclé". Le candidat de l'UMP se laissant même aller à employer des termes "grossiers", qualifiant, paraît-il Libération de "journal de merde". D'après une autre source interne au journal, le coup de téléphone aurait "beaucoup fait rire Edouard de Rothschild".



dimanche, 25 février 2007

Nouvelle étape

Alors que Ségolène Royal est, semble-t-il, de retour au premier plan, Jacques Juliard, du nouvel Obs, souhaite que l'on ne perde pas de vue les raisons des difficultés que la candidate à recontrer jusqu'à présent pour imposer son style et son discours.
Le figaro, quant à lui, indique que Ségolène Royal, désormais entourée de toute sa famille politique, prête à la confrontation avec ses opposants.


SEGOLENE ROYAL est devenue une cible. Et le danger vient pour elle de trois directions.
Jacques Juliard, Nouvel obs, 22/02/07

D’abord d’elle-même, à cause d’une certaine inexpérience. Mais à la fin, il faut savoir ce que l’on veut. On ne peut avoir à la fois la fraîcheur et la bouteille, la fougue des jeunes loups et la ruse des vieux renards. Ségolène a – quelle découverte ! – les défauts de ses qualités. Pas grave. Elle a du reste démontré lundi à TF1 sa connaissance des dossiers et une empathie avec la société qui manque à l’ancien maire de Neuilly.

Plus sérieux, le danger qui vient de ses amis. Depuis le début de la campagne, je trouve le PS couille molle et faux cul. Au sommet surtout. Trop de ressentiment. Trop d’ambitions déçues. Trop d’amour-propre mal placé. Tenez : la bouderie de Lionel Jospin, hors de saison. Tenez : le néo-gauchisme de François Hollande à propos des impôts et ces rodomontades à propos des retraites.

Le danger vient enfin de ses ennemis, bien sûr.

D’abord, les ralliés à Sarkozy. Ces intellos qui ont quitté la gauche depuis longtemps, passés directement de la cause du peuple à la défense de l’Occident. Ces féministes exacerbées : on ne dira jamais assez la misogynie de certaines féministes. Ces femmes du monde très chic : "Sérieusement, cher ami, vous allez voter pour cette Ségolène ?" Tout cela pour l’anecdote.

Venons-en aux deux principaux morceaux.

D’abord, l’Argent. Il a choisi son candidat. Il y a autour de Sarkozy du jeton de présence et du parachute doré. Il y a du CAC 40 dans cette candidature.

Et pourquoi ce soutien en or massif ? Parce que Sarkozy est le plus sérieux ? Chansons ! Un candidat qui propose 50 milliards de dépenses supplémentaires plus 68 milliards de réduction d’impôts, quitte à réduire ensuite son évaluation, quand la France est endettée jusqu’au cou, vous trouvez cela sérieux, vous ? On n’entend pourtant, venant du grand Capital, que de légers toussotements. En revanche, que Ségolène propose la moindre réforme sociale et le gang des bons apôtres et des économistes marrons de scander en chœur : "Le chiffrage ! Le chiffrage !"

Vous avez bien compris que les dés sont pipés et que l’Argent réserve ses faveurs non au plus sérieux mais au plus docile. Nous voilà entrés, sans qu’il y paraisse, dans la plus "lutte des classes" de toutes les campagnes électorales récentes. Je ne suis qu’un pauvre diable de réformiste mais lorsque je vois l’Argent basculer en bloc d’un côté, je n’ai qu’un réflexe : me jeter de l’autre ! C’est comme cela. Et tous ces "marxistes" qui oublient de l’être chaque fois que cela servirait à quelque chose !

J’en viens au plus grave à mes yeux. Le ralliement massif des médias, télés et radios en tête mais presse écrite itou, à Nicolas Sarkozy. Vendus ? Pas besoin : ils s’offrent gratuitement. Quand je pense à tout le foin que l’on a fait autour du malheureux Alain Duhamel, coupable d’avoir, il y a trois mois, confié qu’il allait donner sa voix à Bayrou, alors que presque tous les reportages, tous les interviews, tous les commentaires nous distillent dans le subliminal : je vote Sarkozy ! Faites comme moi, votez Sarkozy ! Voyez, depuis six semaines, cette danse du scalp. Des exemples ? Il y en a mille. Autour de Ségolène, parce qu’elle a dit "bravitude" au lieu de bravoure. Quand Sarkozy commet à son tour un lapsus et dit "héritation" au lieu d’héritage, en avez-vous entendu parler ? Quand il attribue à Mitterrand une citation de Giscard, est-ce qu’on en fait une histoire ? Quand il propose les allocs dès le premier enfant, est-ce qu’on lui demande le chiffrage ? Ou quand il propose, à l’encontre de tout esprit redistributif, de détaxer l’héritage ? Quand il s’engage à ne pas remplacer la moitié des fonctionnaires partant à la retraite, soit 20 000 enseignants par an, est-ce que l’on crie à l’irresponsabilité ? En termes de médias, la France d’aujourd’hui est comme l’Italie d’hier : en voie de berlusconisation.

Face à la France des nantis, il ne reste donc à Ségolène qu’une seule carte : elle s’appelle le peuple. Je vous accorde que, pour la France du CAC 40, cela ne pèse pas bien lourd ; mais cela permet encore de gagner une élection.


Ségolène Royal à l’heure de la confrontation
Le Figaro, 25/02

La candidate socialiste, qui reprend du terrain dans les sondages, se sent prête pour un affrontement direct avec Nicolas Sarkozy.

« Maintenant, j'ai avec moi la meilleure équipe qui soit », déclare Ségolène Royal dans un entretien au Parisien. Une condition sine qua non pour ouvrir la nouvelle phase de sa campagne : une confrontation « indispensable » avec la droite. Elle se targue d’avoir pu réunir dans son équipe du « pacte présidentiel » les poids-lourds socialistes. « J'entendais dire: 'elle ne rassemble pas'. Mais les choses viennent en leur temps. Dans une campagne, il y a des étapes », souligne-t-elle, ajoutant que Lionel Jospin n’a pas hésité avant d’accepter « chaleureusement » de la rejoindre. De même, Laurent Fabius lui a réservé un franc soutien lors d’un meeting commun dans son fief du Grand-Quevilly.

Désormais, l’heure est à la confrontation, dit-elle : « les Français la veulent, même s'ils la redoutent un peu aussi au cas où elle déraperait dans une querelle de personnes ». Et de s’y lancer avec une attaque contre Nicolas Sarkozy. Tout en disant « ne pas juger l’homme », elle estime qu’il s’est « fortement droitisé », l’accusant d’utiliser « le vocabulaire de l’extrême-droite », notamment à propos des « abattages de moutons dans les baignoires ».

Ségolène Royal, qui regagne du terrain dans les sondages, est également revenue dans Le Parisien sur l’épisode Besson. Elle regrette son départ, et assure que sa déclaration d’alors (« qui connaît Monsieur Besson ? ») se voulait un « trait d’humour ». « J'étais dans une usine auprès de femmes qui touchent le salaire minimum après 35 ans de carrière, et les médias ne parlaient que de cela, ce qui me semblait manquer de respect pour ces ouvrières », justifie-t-elle.





mardi, 12 décembre 2006

L'erreur de Sarkozy: Après j'irai dans le privé, gagner de l'argent.

Cela commence par un article sur le blogue du journaliste d'itélé, Laurent Bazin.

Mercredi 6 décembre, on peut y lire:

Ce mercredi midi, la rédaction d'I>télé était invitée à manger place Beauvau avec le ministre de l'Intérieur. Un déjeuner off dans la plus pure tradition, bien entendu.


Déjeuner dans le pure tradition, pleines de confessions et parfois de surprise.
Surprise de taille lorsqu'il aborde la suite, vers 14.35:

Il est 14.35, retour à la politique. Nicolas Sarkozy confie qu'il ne
se voit pas faire ça toute sa vie.


"Deux mandats et c'est tout ?", glisse une journaliste.
"Et encore, répond le candidat, si ca ne tenait qu'à moi je n'en ferais qu'un.
Mais je ne peux pas. Tant d'espoirs reposent sur moi. Des millions de
gens comptent sur moi. Je ne peux pas faire ça.
"
"Et après ?"
"Après j'irai dans le privé, gagner de l'argent. Je suis
avocat, je peux réussir là. Mais j'ai aussi des amis qui me
confieraient bien la tête d'une grande entreprise privée. L'argent,
ça compte
.
"
(Lire l'article en entier sur le blogue de L.B. - ou sur PointBlog)


Tout cela, bien sûr, ne serait pas un scoop si l'article en question n'avait pas été supprimé du blogue (de la ligne éditoriale du blogue, bien qu'il reste accessible pour l'instant... magie de l'internet), à le demande de la directrice d'itélé. (Lire l'article de L.B. sur le sujet)

Cette dernière information est une énième piqûre de rappel sur le danger potentiel que représente la gestion Sarkozy des médias. Rappellons que la presse et l'expression est libre en France et que cette liberté était assurée par une séparation nette entre le politique et le journaliste. (Les italiens en ont fait la triste expérience pendant les années Berlusconi). Quelques articles sur le sujet:
- le licenciement d'Alain Genestar: Lemonde.fr - Liberation.fr
- Un article de fond sur la main mise de N.S sur les médias. Lire ici