dimanche, 06 mai 2007

Nicolas Sarkozy est élu président de la République.

Les français ont désigné avec près de 53,3% des voix le nouveau président.
Je partage évidemment la déception des millions de français qui ont souhaité voir un autre projet de société, moderne et humain, s’appliquer.

Cependant, la participation et le score, ne laissent place au doute quant à la légitimité du nouvel élu.


Sans surprise.

Nous avons vu ces dernières semaines, une Ségolène Royal brillante en meeting, portée par des nombreux mouvements populaires de gauche et du centre, à l’aise lors d’émissions télés, et surtout apportant une vive contradiction à Nicolas Sarkozy, bien rarement contredit à la télé, au débat du 2 mai. Mais, malgré cela, pas assez d’électeurs furent convaincus.

Bercés par la « petite musique » trop complaisante et uniforme des médias (la candidate socialiste y passait pour incompétente et caractérielle) les français se résignaient alors à soutenir Nicolas Sarkozy.

On passait sous silence la mauvaise fois du candidat UMP sur la question du  handicap et de celle du logement (alors que le triste exemple de la gestion des Hauts-de-Seine aurait suffit à souligner le mensonge), on ignorait la quasi nullité du programme de Nicolas Sarkozy en terme d’environnement et les conséquences non seulement écologiques, mais aussi économiques qu’aura un mauvaise gestion du dossier dans les années à venir.

Enfin, était passé sous silence, la philosophie politique du candidat. Ultra-libéral en économie, sans aucune ambition de préserver le système de sécurité sociale et donc l’accès à la santé pour tous, centralisateur des pouvoirs, dédaignant la culture et l’éducation, divisant continuellement les français, entre ceux qui se lèvent tôt et les autres, ceux qui égorge du mouton et les autres, ceux qui aiment la France et ceux qui méritent le Karcher, etc. Le ministre génétiquement programmé, passe à la présidence, et nous sommes nombreux à craindre la société qu’il souhaite établir.

 

Faire preuve de pédagogie, vaincre les doutes des classes populaires et convaincre du sérieux et de l’utilité des réformes apportés par les socialistes et enfin réformer le parti socialiste en construisant autour de Ségolène Royal un élan socialiste.

Voilà à quoi devront servir les prochains mois, après cette nette défaite.

Le parti socialiste doit se moderniser et prendre acte de la faiblesse de la gauche et du courant écologique à gauche. Il doit confirmer son ouverture au centre en conservant sa ligne sociale-démocrate. C’est la voix qu’a ouverte Ségolène Royal lors de ces élections et elle devra être maintenue. Il nous faudra aussi reconquérir les classes moyennes et populaires, faire preuve de pédagogie et trouver les moyens de clarifier nos positions et nos stratégies en matière d’économie, mais aussi en ce qui concerne l’éducation, la santé et la sécurité. Enfin, il faudra que le parti socialiste assume d’achever sa mutation interne en souhaitant une meilleure représentativité, notamment en terme de femmes et de jeunes, et en renouvelant l’image politique du parti et en revendiquant son histoire.

 

Allons nous donner tous les pouvoirs à Nicolas Sarkozy ?

Les élections législatives du mois de juin seront l’occasion de compenser la tout puissance laissée à Nicolas Sarkozy. L’ouverture au centre sera pour ces élections une question majeure et nous ne devons pas laissez l’assemblée se mettre comme un seul homme au service aveugle d’un président qui négligera totalement la démocratie parlementaire et ainsi la représentation du peuple.

 

Nous sommes ici convaincus d’avoir porté un projet positif et nécessaire pour la France. Fiers d’avoir soutenus Ségolène Royal ensemble jusqu’au bout, fiers de la méthode politique qu’elle a voulu mettre en place, fiers de la belle idée de la France et de l’espoir qu’elle a porté.


 « Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir. » Jean Jaurès

 Cyrille





mercredi, 02 mai 2007

Suivez le débat ce soir sur le site dès 21h:



Suivez en direct ce soir dès 21 heures le débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Cliquez ici
(Flux BFM TV)

lundi, 09 avril 2007

Message d'un "vieux socialiste" -comme il se présente lui même- d'Antony, à la gauche :

J’ai déjà eu l’occasion de vous dire combien je trouve Ségolène Royal courageuse. Dans uns certaine mesure plus courageuse que François Mitterrand qui en 1981 avait affirmé  (puis réalisé) l’abolition de la peine de mort.  

Pourquoi ?

- Parce que, la première elle a pris conscience de ce que la France du XXI ème siècle sera colorée et métissée.

- Parce que la première, elle a pris conscience de la nécessité de rassembler toute la France, celle de souche « européenne » ou  « judéo-chrétienne » et celle, « post-coloniale » venue d’Asie et d’Afrique.

- Son discours, ses thématiques de rassemblement s’opposent frontalement aux discours et aux thématiques de Nicolas Sarkozy et, dans une moindre mesure à ceux de François Bayrou.

 

Constatons tout d’abord que François Bayrou, reprenant les thèses de Jean-Marie Le Pen, se borne à vouloir être le candidat anti-système pour mieux réintégrer le système !

- François Bayrou a soutenu Alain Juppé il y a quelques semaines quand il a retrouvé ses mandats de Député et de maire de Bordeaux !

- François Bayrou fera dans quelques semaines réélire les députés UDF avec les voix des amis de Nicolas Sarkozy !

- François Bayrou cherche peut-être à se positionner au Centre, mais au Centre-Droit et il retombera à droite !

- François Bayrou veut utiliser le vote « anti-Sarkozy » comme Jacques Chirac a utilisé le vote « anti-Le Pen » en 2002 !

- Et il est de bon ton depuis plus de 50 ans que la volaille socialiste se laisse plumer ! Des années 50 à 1980, ce fut par le Parti communiste ! Sera-ce aujourd’hui par les Centristes ?

 

Nicolas Sarkozy, lui, a totalement intégré les thématiques nationalistes, démagogiques et racistes de l’extrême  Droite.

Rappelez-vous tout d’abord que dans une conversation avec Lilan Thuram il a dit que tous nos problèmes, dans les banlieues provenaient « des arabes et des noirs » !

Il oppose sans cesse :

-         ceux qui « se lèvent tôt » à ceux qui resteraient au lit ;

-         ceux qui voudraient travailler à ceux qui ne le voudraient pas ;

-         ceux qui aimeraient la France à ceux qui ne l’aimeraient pas :

-         ceux qui seraient pour l’autorité et ceux qui seraient laxistes ;

-        

 

La liste pourrait être longue. Comme Jean-Marie Le Pen, il s’est approprié la Nation, le drapeau et la « Marseillaise » !

Et nous laissons faire !

 

Quand Ségolène Royal, qui a senti le danger de cette politique remet au cœur du débat que :

-         Ceux qui restent au lit préfèreraient se lever tôt ;

-         Ceux dont on dit qu’ils ne veulent pas travailler aimeraient bien pouvoir le faire ;

-    Ceux qui par deux fois ont contribué par le sang versé à redonner sa liberté à la France n’ont pas de leçon à recevoir de ceux qui collaborèrent avec l’ennemi ;

Et que l’autoritarisme aveugle et imbécile qui conduit à contrôler deux fois et plus les mêmes individus s ‘apparente à une forme de racisme ou d’apartheid, une certaine partie de la Gauche et des militants socialistes la trouvent ringarde, « Mère fouettard », « vieille institutrice », …

 

Quand Ségolène Royal évoque les conditions d’accès à l’emploi des 190000 jeunes sans formation ni qualification, le Président de l’UNEF crie au scandale, oubliant naïvement ou … volontairement qu’il ne s’agit pas de jeunes en fin de formation mais de jeunes sans formation !

 

Les propos de Ségolène Royal sont décortiqués par la Droite et … par nos camarades pour montrer qu’elle n’est pas à la hauteur, qu’elle n’a pas l’envergure, qu’elle n’a pas les « mensurations » , que le Parti n’est pas derrière elle!

S’interroge-t-on sur l’absence de Juppé, d’Alliot-Marie , d’Azouz Begag ? Relaie-t-on et s’indigne-t-on les propos de Sarkozy à Nice sur l’origine de l’Holocauste ?

 

La conséquence de nos interrogations sera la dispersion du vote vers Besancenot, allié objectif de la Droite par haine des « social-traîtres » à la classe ouvrière, vers Bové , chante de « l’alter-mondialisme » qui ne veut rien dire, ou Bayrou, dont beaucoup croient qu’il peut gagner contre Sarkozy mais ne fera ensuite pas une politique différente de celle de Jacques Chirac et… l’élimination de Ségolène Royal du second tour !

 

C’est un cri d’alarme que le vieux socialiste que je suis vous lance ! A celles et ceux qui dans le Parti ont manifesté des réticences à la candidature de Ségolène Royal et jouent son échec, je dis, je crie que le 23 avril, il ne servira à rien de dire que vous aviez raison, parce qu’aucun autre candidat n’aurait pu faire mieux . Elle a redonné de l’espoir à des milliers de jeunes que la Droite méprise, votre attentisme les désespère et les jettera dans la violence.  Je suis persuadé que ce n’est pas ce que vous leur souhaitez.

 

Pour que l’Espoir demain revienne dans notre beau pays, en métropole et dans nos départements et territoires d’Outre-Mer, il faut voter et faire voter Ségolène Royal.

vendredi, 06 avril 2007

Azouz Begag : Nicolas Sarkozy, "mon ennemi de l’Intérieur"

Ségolène Royal n'est plus seule à considérer Nicolas Sarkozy comme dangereux pour la France en cas d'élections.
Azouz Begag, pourtant un temps proche de N.S., ministre de droite, renonce à soutenir le candidat UMP, considérant ses interventions sur les thèmes de l'identité nationale, sur l'immigration et l'insécurité comme dangereuses, éronnées voire déplacées (pour ne pas dire racistes). Décidemment, l'ancien ministre de l'intérieur fait peur et peine ainsi à rassembler la droite démocrate.
Cyrille
lefigaro.fr (avec AFP).
Publié le 06 avril 2007
Le ministre démissionnaire publie mercredi un livre au vitriol contre le candidat de l’UMP. Des extraits circulent déjà.
«Un mouton dans la baignoire». Dès le titre, une allusion aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur TF1 à propos de la fête musulmane de l’Aïd-el-kébir, le ton de l’ouvrage d’Azouz Begag est donné : haro sur le candidat de l’UMP.
Dans son livre, dont l’hebdomadaire Marianne publiera samedi les bonnes feuilles, l'ex-ministre délégué à la promotion de l’Egalité des Chances n’y va en effet pas de main morte avec son ex-collègue de l’Intérieur. Il revient notamment sur les émeutes de l’automne 2005, qu’il qualifie de «descente aux enfers».
Parce qu’il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir parlé de «racailles», une «sémantique guerrière», Azouz Begag raconte qu’il est violemment attaqué par les sarkozystes, qui demandent sa démission pour «absence de loyauté gouvernementale».
«Je vais te casser la gueule»
Mais Begag va plus loin, et met directement en cause Sarkozy. Il relate notamment un coup de téléphone où ce dernier lui aurait dit «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy», avant de lui «passer un savon tellement incroyable» qu’il n’a pu s’«empêcher de le consigner sur le champ».
Et le sociologue de citer le ministre de l’Intérieur d’alors : «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule !», aurait crié Nicolas Sarkozy, avant de lui demander de «ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir».
Selon Le Parisien, Azouz Begag regrette également dans son livre le peu de soutien que lui aurait offert Dominique de Villepin, dont il était pourtant proche. Le quotidien raconte également que Jacques Chirac et le premier ministre auraient demandé à Begag de retarder la publication de son ouvrage. Le ministre aurait fini par démarcher son éditeur, Fayard, pour obtenir un délai, mais trop tard. Azouz Begag, qui a annoncé son soutien à François Bayrou, a alors dû démissionner. Il veut maintenant reprendre sa pleine «liberté de parole».


jeudi, 05 avril 2007

Ca se passe dans les Hauts-de-Seine

Nous avons reçu aujourd'hui cette lettre provenant des enseignants et des parents d'élève du collège Pompidou à Villeneuve la Garenne.

Collège Georges Pompidou
1, av. Georges Pompidou
92390 Villeneuve la Garenne

Villeneuve-la-Garenne, le 4 avril 2007

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes des enseignants et des parents d'élèves du collège Georges Pompidou de Villeneuve-la-Garenne, dans le nord des Hauts-de-Seine. Ce collège est dans un état calamiteux, tant du point de vue des locaux que des moyens consacrés à l'éducation d'élèves issus en grande majorité de l'immigration et appartenant à des milieux sociaux très défavorisés.
Après un travail sur la Convention Internationale des Droits de l'Enfant avec des élèves, il nous est apparu évident que plusieurs de leurs droits fondamentaux y étaient bafoués et nous avons tous, enseignants, CPE et surveillants, décidé de lutter contre la fatalité: il nous semble indigne de la République de ne pas faire de l'éducation de ces enfants des cités une priorité absolue.
Nous sommes en zone d'éducation prioritaire mais quelle priorité leur est véritablement donnée ?

Notre établissement est pourtant situé dans le département le plus riche de France, dans une région** présidée par Nicolas Sarkozy. (** NDLR: la région est dirigée par Jean-Paul Huchon, socialiste, mais le département, dont dépendent les collèges, est lui géré par Nicolas Sarkozy)
Or, les locaux sont dans un état de vétusté intolérable, les plafonds s'écroulent en plein cours, les rideaux sont déchirés, les murs dégradés. L'unique salle d'informatique compte 14 ordinateurs pour 670 élèves. En début d'hiver, les cours ont eu lieu sans chauffage pendant une dizaine de jours. Le collège va être reconstruit, cela veut dire encore quatre années à apprendre et enseignée dans un environnement défavorable.
Par ailleurs, l'infirmerie a été incendiée le 5 décembre dernier. Depuis, l'infirmière n'avais plus aucun outil pour soigner ou dépister les élèves, pas le moindre thermomètre, pas même un matelas pour allonger un élève: l'infirmerie était absolument vide. Le mouvement des enseignants et des parents, a permis d'obtenir un minimum de matériel, ce qui est encore insuffisant. Il y a eu 4 départs de feu dans l'enceinte du collège depuis les vacances de février dont un a nécessité l'intervention des pompiers.

Les personnels de la vie scolaire, surveillants et CPE, sont 7 pour 670 élèves, soit un pour cent. Ils sont régulièrement insultés ou menacés, ont fait l'objet de violences physiques.
Par décision académique, l'an prochain, quatre classes seront supprimées, et nous perdrons 90 heures de cours et dix enseignants. Les classes d'enseignement adapté, les SEGPA, sont encore plus rudement touchées, l'an prochain les 6èmes et les 5èmes seront regroupés dans une même classe. Des heures d'UNSS, activités sportives proposées le mercredi après-midi, seront supprimées.

Les enseignants, en se mettant en grève ont initiés un mouvement commun. Bénéficiant d'un très fort appui des parents d'élèves qui bloquent le collège tous les matins et refusent d'y envoyer leurs enfants depuis vendredi 31 mars, nous espérons que vous manifesterez votre soutien, avant vendredi prochain, jour des vacances scolaires.

Nous sommes en train d'organiser une soirée, jeudi à partir de 17H30, qui réunira de manière conviviale parents et professeurs.
Nous attendons que les élus montrent publiquement que l'éducation de ces enfants des cités est une priorité absolue.

Les enseignants et les parents d'élèves du collège Georges Pompidou


collegepompidou92@hotmail.fr
http://collegepompidou92.blogspirit.com

dimanche, 25 février 2007

Nouvelle étape

Alors que Ségolène Royal est, semble-t-il, de retour au premier plan, Jacques Juliard, du nouvel Obs, souhaite que l'on ne perde pas de vue les raisons des difficultés que la candidate à recontrer jusqu'à présent pour imposer son style et son discours.
Le figaro, quant à lui, indique que Ségolène Royal, désormais entourée de toute sa famille politique, prête à la confrontation avec ses opposants.


SEGOLENE ROYAL est devenue une cible. Et le danger vient pour elle de trois directions.
Jacques Juliard, Nouvel obs, 22/02/07

D’abord d’elle-même, à cause d’une certaine inexpérience. Mais à la fin, il faut savoir ce que l’on veut. On ne peut avoir à la fois la fraîcheur et la bouteille, la fougue des jeunes loups et la ruse des vieux renards. Ségolène a – quelle découverte ! – les défauts de ses qualités. Pas grave. Elle a du reste démontré lundi à TF1 sa connaissance des dossiers et une empathie avec la société qui manque à l’ancien maire de Neuilly.

Plus sérieux, le danger qui vient de ses amis. Depuis le début de la campagne, je trouve le PS couille molle et faux cul. Au sommet surtout. Trop de ressentiment. Trop d’ambitions déçues. Trop d’amour-propre mal placé. Tenez : la bouderie de Lionel Jospin, hors de saison. Tenez : le néo-gauchisme de François Hollande à propos des impôts et ces rodomontades à propos des retraites.

Le danger vient enfin de ses ennemis, bien sûr.

D’abord, les ralliés à Sarkozy. Ces intellos qui ont quitté la gauche depuis longtemps, passés directement de la cause du peuple à la défense de l’Occident. Ces féministes exacerbées : on ne dira jamais assez la misogynie de certaines féministes. Ces femmes du monde très chic : "Sérieusement, cher ami, vous allez voter pour cette Ségolène ?" Tout cela pour l’anecdote.

Venons-en aux deux principaux morceaux.

D’abord, l’Argent. Il a choisi son candidat. Il y a autour de Sarkozy du jeton de présence et du parachute doré. Il y a du CAC 40 dans cette candidature.

Et pourquoi ce soutien en or massif ? Parce que Sarkozy est le plus sérieux ? Chansons ! Un candidat qui propose 50 milliards de dépenses supplémentaires plus 68 milliards de réduction d’impôts, quitte à réduire ensuite son évaluation, quand la France est endettée jusqu’au cou, vous trouvez cela sérieux, vous ? On n’entend pourtant, venant du grand Capital, que de légers toussotements. En revanche, que Ségolène propose la moindre réforme sociale et le gang des bons apôtres et des économistes marrons de scander en chœur : "Le chiffrage ! Le chiffrage !"

Vous avez bien compris que les dés sont pipés et que l’Argent réserve ses faveurs non au plus sérieux mais au plus docile. Nous voilà entrés, sans qu’il y paraisse, dans la plus "lutte des classes" de toutes les campagnes électorales récentes. Je ne suis qu’un pauvre diable de réformiste mais lorsque je vois l’Argent basculer en bloc d’un côté, je n’ai qu’un réflexe : me jeter de l’autre ! C’est comme cela. Et tous ces "marxistes" qui oublient de l’être chaque fois que cela servirait à quelque chose !

J’en viens au plus grave à mes yeux. Le ralliement massif des médias, télés et radios en tête mais presse écrite itou, à Nicolas Sarkozy. Vendus ? Pas besoin : ils s’offrent gratuitement. Quand je pense à tout le foin que l’on a fait autour du malheureux Alain Duhamel, coupable d’avoir, il y a trois mois, confié qu’il allait donner sa voix à Bayrou, alors que presque tous les reportages, tous les interviews, tous les commentaires nous distillent dans le subliminal : je vote Sarkozy ! Faites comme moi, votez Sarkozy ! Voyez, depuis six semaines, cette danse du scalp. Des exemples ? Il y en a mille. Autour de Ségolène, parce qu’elle a dit "bravitude" au lieu de bravoure. Quand Sarkozy commet à son tour un lapsus et dit "héritation" au lieu d’héritage, en avez-vous entendu parler ? Quand il attribue à Mitterrand une citation de Giscard, est-ce qu’on en fait une histoire ? Quand il propose les allocs dès le premier enfant, est-ce qu’on lui demande le chiffrage ? Ou quand il propose, à l’encontre de tout esprit redistributif, de détaxer l’héritage ? Quand il s’engage à ne pas remplacer la moitié des fonctionnaires partant à la retraite, soit 20 000 enseignants par an, est-ce que l’on crie à l’irresponsabilité ? En termes de médias, la France d’aujourd’hui est comme l’Italie d’hier : en voie de berlusconisation.

Face à la France des nantis, il ne reste donc à Ségolène qu’une seule carte : elle s’appelle le peuple. Je vous accorde que, pour la France du CAC 40, cela ne pèse pas bien lourd ; mais cela permet encore de gagner une élection.


Ségolène Royal à l’heure de la confrontation
Le Figaro, 25/02

La candidate socialiste, qui reprend du terrain dans les sondages, se sent prête pour un affrontement direct avec Nicolas Sarkozy.

« Maintenant, j'ai avec moi la meilleure équipe qui soit », déclare Ségolène Royal dans un entretien au Parisien. Une condition sine qua non pour ouvrir la nouvelle phase de sa campagne : une confrontation « indispensable » avec la droite. Elle se targue d’avoir pu réunir dans son équipe du « pacte présidentiel » les poids-lourds socialistes. « J'entendais dire: 'elle ne rassemble pas'. Mais les choses viennent en leur temps. Dans une campagne, il y a des étapes », souligne-t-elle, ajoutant que Lionel Jospin n’a pas hésité avant d’accepter « chaleureusement » de la rejoindre. De même, Laurent Fabius lui a réservé un franc soutien lors d’un meeting commun dans son fief du Grand-Quevilly.

Désormais, l’heure est à la confrontation, dit-elle : « les Français la veulent, même s'ils la redoutent un peu aussi au cas où elle déraperait dans une querelle de personnes ». Et de s’y lancer avec une attaque contre Nicolas Sarkozy. Tout en disant « ne pas juger l’homme », elle estime qu’il s’est « fortement droitisé », l’accusant d’utiliser « le vocabulaire de l’extrême-droite », notamment à propos des « abattages de moutons dans les baignoires ».

Ségolène Royal, qui regagne du terrain dans les sondages, est également revenue dans Le Parisien sur l’épisode Besson. Elle regrette son départ, et assure que sa déclaration d’alors (« qui connaît Monsieur Besson ? ») se voulait un « trait d’humour ». « J'étais dans une usine auprès de femmes qui touchent le salaire minimum après 35 ans de carrière, et les médias ne parlaient que de cela, ce qui me semblait manquer de respect pour ces ouvrières », justifie-t-elle.





mercredi, 14 février 2007

Financement du Pacte - Nous somme prêts à confronter

La valorisation de notre pacte présidentiel est évaluée à 35 milliards d'euros. Sans augmentation des prélèvements obligatoires (objectif de croissance moyen 2,5 % sur 5 ans) et redéploiement de certaines dépenses et économies. (ces éléments sont détaillés en partie dans le discours de Villepinte dont le script est ici)

En revanche, Le projet du candidat sortant de l'UMP est chiffré à 52 milliards d'euros (basé sur une croissance à 3%, près de 1% supérieure à ce que la droite gouvernemental est parvenue à obtenir en 5 ans) auquel s'ajoute 72 milliards d'euros dû au coût net de la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires.
=> L'homme qui coûtait 124 milliards d'euros. Et demain ? Bien entendu, il n'est pas de notre opinion que Nicolas Sarkozy tiendra a ruiner la France. Il s'agira donc de comprendre quels élements de son programme ne seront pas mis en oeuvre. Il est relativement comique de voir que Pierre Méhaignerie hier sur France Inter chiffrait le projet de l'UMP à 37 milliard et que ce matin dans le figaro, Nicolas Sarkozy dans le figaro annonce 30 milliard... visiblement en une journée, Nicolas a déjà retiré quelques propositions de son projet...

Ainsi, la confrontation électorale doit se dérouler projet contre projet, propositions contre propositions, vision de la société contre vision de la société. Les Propositions ne sont pas le chiffrage.

LE POINT PRESSE

Voir la vidéo :

LA VIDEO du jour

Eric Besson : “Il n’y aura pas de difficultés à financer les 100 propositions de Ségolène Royal”

REVUE DE PRESSE

Libération : Impossible promesse fiscale

"Parmi les éléments les moins crédibles du programme de Nicolas Sarkozy la palme revient sans conteste à la promesse de réduire de 4 points de PIB (produit intérieur brut) le taux de prélèvements obligatoires".
A lire ici...


vendredi, 09 février 2007

Lionel Jospin tacle Nicolas Sarkozy sur l'emploi

Lionel Jospin voit dans les référence de Nicolas Sarkozy aux figures historiques du socialisme "le signe que ces hommes ont marqué l’histoire, de même que la gauche a marqué l’histoire de ce pays" Il regrette que "la manipulation commence lorsqu’il essaye de tourner ces figures contre nous, contre la gauche. Parce qu’à cet égard, il n’y a rien de changé, la droite d’hier calomniait Jaurès et Blum et on sait de quelle façon. Donc il aime la gauche d’hier, il n’aime pas la gauche d’aujourd’hui, on est là dans un classique".

"Je trouve que le numéro de monsieur Sarkozy sur le travail et les travailleurs et en passant les critiques qu'il fait à la gauche, à cet égard, dépassent les limites de la décence et surtout du sérieux."
Rappelant les propos tenus par Nicolas Sarkozy “la vraie gauche, la gauche de Blum, parlait aux travailleurs, aimait le travail. La gauche d’aujourd’hui, la gauche de Jospin, la gauche de Ségolène Royal, parle de statuts, fait les 35 heures, parce qu’elle n’aime pas le travail.” Lionel Jospin s'indigne "cette critique ne s’adresse pas à Ségolène Royal, puisqu’elle a mis le travail au centre de ses préoccupations dès le début de sa campagne. Cette critique s’adresse encore moins à moi, qui détient le record pour un gouvernement et en cinq ans, de création d’emploi en France, depuis la guerre, y compris, plus que pendant "Les 30 glorieuses" sous mon gouvernement on a crée 2 millions d’emplois, 400 000 emplois par an et on a fait baisser le chômage."

Il poursuit "se réclamer de Blum, qui aime le travail, pour critiquer les 35 heures quand tous ceux qui se souviennent du front populaire et de Blum et en particulier des travailleurs, savent que Blum est l’homme des 40 ans et des congés payés, c’est drôle, mais comme c’est drôle, ça veut dire que ce n’est pas du tout sérieux."
Faces aux attaques du ministre de l'intérieur sur les statuts, il répond "Les ouvriers, les employés, les enseignants, les cheminots, ils n’ont pas de parachute doré, ils n’ont pas de "golden parachute". Leur parachute, leur sécurité, c’est le statut. Dans les entreprises publiques naturellement ça les protège et dans le secteur privé, me direz-vous, c’est quoi le statut ? Il n’y a pas de statut mais c’est le contrat. Et évidemment, si on a un contrat à durée indéterminée, on est plus protégé que si on a un emploi précaire ou même, un contrat à durée déterminée".

Lionel Jospin refuse de considérer le CNE comme relevant d'un droit progressif "si pendant les deux ans, on peut se débarrasser d’un salarié sans avoir à le justifier, il aura peu de chance de progresser dans ses droits progressifs. Et la proposition de Ségolène Royal, c’est au contraire de valoriser les contrats à durée indéterminée.Il peut rester des contrats à durée déterminée, à condition qu’ils reposent sur des fonctions précises, remplacer un salarié par exemple, pendant une période, congés de maternité ou autre. Donc il vaut mieux avoir comme socle, le contrat à durée indéterminée et puis des contrats déterminés, spécifiques et contrôlés, plutôt que ce contrat qui va introduire la précarité dans le droit du travail français."

Sur les 35 heures, il rappelle "les Français parlent des 35 heures, c’est une des deux mesures phares des 25 dernières années qu’ils mentionnent. Quand ceux qui ont bénéficié des 35 heures, en parlent, ils sont 85 % à dire qu’ils en sont satisfaits. Quand nous avons fait les 35 heures, cela a procuré 500 000 emplois supplémentaires, 350 000 dans le privé, 150 000 dans le public. Mais nous avons dans la même période créé 2 millions d’emplois. La critique de monsieur Sarkozy porte sur les heures supplémentaires, mais les 35 heures n’ont jamais interdit de faire des heures supplémentaires".

Pour Lionel Jospin, l'argument central de Nicolas Sarkozy en matière de travail "travaillez plus et vous gagnerez plus" escamote des questions essentielles "les conditions dans lesquelles on travaille, le salaire pour lequel on travaille, la précarité dans ce travail, la question de savoir si on est au travail ou si on est chômeur". Le candidat de l'UMP "procède à trois mystifications : la première c’est qu’il fait comme si c’était le salarié qui décidait de son temps de travail, qui décidait s’il allait faire ou non, des heures supplémentaires, la réalité pour ceux qui la connaissent est toute différente, La deuxième c’est que monsieur Sarkozy parle travail mais il ne parle jamais emploi. On ne peut pas avoir de travail si on n’a pas d’emploi, donc le problème de la création d’emploi reste fondamental. Et la troisième mystification, c’est qu’il dit si vous travaillez plus, toi individu, tu pourras gagner plus, mais il ne parle jamais des salaires de la question des salaires. Or on sait que la part qui va au salaire dans le revenu national, par rapport à ce qui va au capital, a diminué, et cette question du pouvoir d’achat des salaires, de la hausse des salaires elle est passée sous silence."