LIBERATION
Jean-Michel Thénard
"(...) La candidate existe, les socialistes l'ont rencontrée. Royal habite désormais son personnage. Moquée par l'élite pour incompétence bécassinière, elle ressurgit, comme Chirac en 1995, poussée par la France d'en bas. Celle qui a rempli ses «cahiers d'espérance et fourni la matière d'un projet de société. Sarkozy cite Jaurès et Blum pour habiller le sien et tenter de séduire au-delà de Neuilly; Royal en réfère à Martine et Denise, moins connues au Panthéon de la gauche, mais dont la sincérité des tranches de vie parle sans doute mieux aux Français. La socialiste a réussi son pari de donner corps à sa démocratie participative qui inquiétait tant ses amis. Elle a débouché sur un projet où domine la Royal iconoclaste du printemps 2006. Celle qui avait secoué quelques tabous de la gauche.(...)"
L'ECLAIR DES PYRENEES
Patrice Carmouze
"(...)La vérité est qu'hier, c'est Ségolène qui a remporté ce match médiatique. De rouge vêtue, dans un long discours prononcé devant une foule de militants conquis dont les multiples drapeaux, les tee-shirts bariolés et l'effervescence tapageuse avaient un parfum de primaires américaines, elle a exposé son pacte présidentiel, ce contrat qu'elle entend passer avec les Français. On n'entrera pas, ici, dans le détail de ces propositions qui seront développées au cours de la campagne qui s'ouvre. Deux remarques tout de même. La première est que la candidate socialiste a répondu, par son discours, à ceux qui l'accusaient de n'avoir ni fond ni programme. Est apparue, dans le détail même des propositions, une incontestable réflexion sur l'état et le devenir de la société française.(...)"
NICE MATIN
Marc Chevanche
"(...) Le premier objectif de Ségolène Royal cette semaine, était de rassembler le Parti socialiste et, avec lui, d'imprimer à sa campagne un nouveau ressort. Cet objectif est sans doute atteint. On remarquera, d'ailleurs, qu'elle embarque tout son petit monde sans renier rien de ce qui avait pu indisposer certains. L'encadrement militaire des primodélinquants, la carte scolaire à remanier, les jurys citoyens, les discours sur l'ordre juste et la démocratie participative, tout est là, qui reste et qui conserve la singularité de la candidate. Le deuxième objectif de Ségolène Royal c'était de répondre aux interrogations sur sa capacité à traiter des " grandes " questions et à leur apporter des réponses sérieuses et consistantes. On pourra continuer de discuter abondamment sur le sérieux et surtout sur le coût des solutions qu'elle avance, mais on ne pourra plus soutenir qu'elle esquive les " grands " problèmes.(...)"
SUD OUEST
Patrick Venries
"(...) Certes, son discours-programme de deux heures, porté par une voix souvent monocorde, ne rappelait pas toujours la faconde lyrique de celui qui la lança en politique. Mais de réels moments d'émotion ont incontestablement parlé à un peuple de gauche qui sait aujourd'hui que le candidat du Parti socialiste lui restera fidèle. Face à Nicolas Sarkozy qui parle aux 'insiders', à ceux qui travaillent et à qui il promet plus de considération dans une société réconciliée avec le travail et la responsabilité individuelle, Ségolène Royal a pris le parti opposé de s'adresser à ceux qui cherchent leur place ou qui l'ont perdue : les personnes âgées, les chômeurs, les enseignants, les jeunes et les minorités... À cet égard, son long passage sur l'outremer et l'Afrique lui vaudra le massif soutien de Français qui n'avaient jamais entendu encore que le pays avait à ce point besoin d'eux."
PARIS NORMANDIE
Catherine Pégard
"(...) Elle a suivi son calendrier et n'a pas renoncé à sa méthode participative même si elle l'a acclimatée pour satisfaire le PS qui commençait à ne plus se reconnaître dans sa candidate et à le faire savoir. Comme garantie de sa légitimité, Ségolène Royal en est revenue à sa seule référence : François Mitterrand dont elle a repris dans un discours fleuve le principe des cent propositions ¬ en 1981, l'ancien Président en avait listé 110. Si elle parvient à convaincre qu'avec ce bréviaire comme François Mitterrand, elle peut faire gagner la gauche, elle aura conjuré le doute sur sa compétence. Sinon on lui reprochera comme à Edith Cresson, Premier Ministre lors de son discours de politique générale, un catalogue flou. Moins lyrique que lui, plus structurée qu'elle, hier elle était en tout cas, à nouveau différente."
L'INDEPENDANT DU MIDI
Bernard Revel
"(...) Son pacte à elle trace, en cent propositions, les contours d'une "France neuve". Et si Sarkozy dit se moquer des étiquettes, elle, tout en marquant sa différence avec le parti socialiste, ne renie pas son ancrage à gauche. Le reflet des "détresses silencieuses", des "colères", des réalités quotidiennes que lui ont renvoyé les débats participatifs, constitue la trame de son programme qui met "en avant de tout" l'éducation et l'emploi des jeunes. Le pacte de Ségolène Royal traduit sa vision en tous domaines : social et économie, sécurité des quartiers et France métissée, modernisation des institutions et démocratie participative, respect de l'environnement et voix de la France dans le monde. Des propositions détaillées d'une voix posée mais ferme, où l'émotion affleure par moment, et saluées par des ovations et des cris scandant "Ségolène présidente !" On saura vite si le message est passé."
LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE
Olivier Picard
"(...) Mme Royal a clairement refermé la page d'une première partie de campagne participative pour annoncer un maximum de pistes concrètes sans jamais perdre le fil de cet affichage qu'elle a voulu attractif. Les priorités sociales ont été nettement mises en avant, tranchant avec un discours jusque-là plutôt consensuel. La candidate semble avoir pris bien soin de rallier son camp sous la bannière de la solidarité et d'une société plus juste. Elle n'en a pas moins tenu bon, face aux éléphants du PS assis au premier rang, sur des valeurs très personnelles, notamment en matière qui constituent sa marque de fabrique. Il lui était interdit de se renier sous peine de décevoir, de décevoir sous peine de décrocher. Avant, elle était différente mais socialiste; aujourd'hui, elle est socialiste mais différente."
LA LIBERTE DE L'EST
Gérard Noël
"(...)Celle-ci jouait une partie importante dans la mesure où il lui fallait marier le programme initial du PS, certaines propositions de ses rivaux des primaires, les apports des débats participatifs et sa vision parfois iconoclaste aux yeux d'une gauche dogmatique. L'exercice ne l'a pas rebutée et si elle a donné des gages aux socialistes, elle n'en a pas moins réitéré ses positions personnelles, que ce soit en matière de carte scolaire, en ce qui concerne les centres éducatifs renforcés ou pour la démocratie participative. Car, le point marquant de son parcours, c'est bien cette phrase qui claque comme une profession de foi : "Avec moi, rien ne sera fait sans vous".
L'UNION
Sébastien Lacroix
"Ce sera finalement un vrai combat droite-gauche. Ségolène Royal a fait ce qu'il faut pour obtenir la certification socialiste de son "pacte présidentiel". Sur la forme, d'abord, en déclinant un programme en 100 propositions, soit 10 de moins que son mentor Mitterrand. Et en puisant dans le lexique socialiste les meilleures harangues contre le profit, les rentiers, les discriminations ou la casse de la société par la droite. Sur le fond, ensuite, avec une série de mesures phares en faveur des bas salaires, des plus démunis, et de l'éducation. Sans toutefois renoncer aux quelques idées iconoclastes qui avaient déclenché une crise d'urticaire dans son camp, comme les fameux centres éducatifs pour mineurs avec encadrement militaire, la remise en cause des 35 heures, ou la révision de la carte scolaire.(...)"